Les enquêtes impossibles

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Ken dit qu'il pensait que Justin était son fils.
On lui a posé la question : il n'était pas au courant. Ses amis ne le savaient pas non plus. Pareil pour le fils. Ken devait être au courant de leur liaison, et il savait qui était le père biologique de Justin. Kristine n'aurait jamais envisagé de dire la vérité a Justin sans que son mari ne soit déjà au courant. Elle lui a certainement dit qu'elle allait le dire a son fils. La police n'a pas dit à Ken que l'autopsie de sa femme a révélé qu'elle avait été tuée. Ken continue de penser que sa mort va être traitée comme un accident. Durant son interrogatoire, Ken a du mal à jouer le veuf éploré. J'ai dû lui dire au moins 6 fois de se débarrasser de ces chaussures. Elle a acheté les mêmes en rouge. Elle s'est habillée et elle a dit : "De quoi j'ai l'air ?" Je lui ai répondu : "Superbe, mais tu ne devrais pas mettre ces fichues chaussures." Et on les a retrouvées dans l'escalier.
Il jouait très mal son rôle, parce qu'il en faisait trop.
Et quand... Quand j'ai vu les chaussures... Ces foutues chaussures noires ! Il a joué la comédie toute la journée. Mais c'est seulement l'opinion de la police. Elle n'a aucune preuve, pour le moment. Ken n'a jamais été violent avec quiconque. Les gens l'ont soutenu et ont fait des déclarations publiques en sa faveur. Personne ne pensait qu'il pouvait faire une chose pareille. Impossible que Ken soit suspect dans une affaire de meurtre. Si la police ne trouve pas de preuves contre lui, un jury risque de ne pas croire non plus à sa culpabilité. Ken Fitzhugh a-t-il assassiné sa femme parce qu'elle l'avait trompé avec son meilleur ami et qu'un enfant était né de cette relation adultérine ? Bien que cette hypothèse constitue un mobile, les preuves médico-légales recueillies sur la scène de crime ne permettent en aucun cas de l'affirmer. Et puis, pour quelle raison Fitzhugh aurait-il supporté
cette situation humiliante pendant près de 20 ans, sans réagir ?
S'il avait un doute, pourquoi n'a-t-il pas exigé un test ADN de paternité, et le cas échéant, engagé une procédure de divorce ? Pour trouver des réponses à ces questions, les policiers obtiennent un mandat pour perquisitionner son véhicule. Les indices qu'ils découvrent relancent complètement l'enquête. Il y avait des vêtements ensanglantés sous le siège passager de sa voiture. Ils trouvent aussi une serviette en papier ensanglantee. L‘ADN correspond à celui de Kristine. Mais Ken a une explication très simple. Il a dit que ce sang était arrivé là après un accident de jardinage. Ils jardinaient, la semaine précédente, et Kristine s'est blessée à la main sur un outil. Le corps de Kristine repose toujours à la morgue. Les enquêteurs demandent au légiste d'examiner ses mains. Il n'y avait aucune blessure sur ses mains. Et même s'il n'y a pas de sang sur les semelles de Ken,
le Luminol indique clairement que Ken a marche dans le sang de sa femme, dans la cuisine. Les empreintes de semelles révélées par le Luminol correspondaient aux chaussures retrouvées dans la voiture de Ken. Le sang trouvé sur le tee-shirt et les chaussures de Ken a été projeté à vitesse moyenne. Cela contredit la version de Ken. Les gouttes sont cohérentes avec le fait qu'il était à l'endroit d'où a jailli le sang. Encore plus incriminant : le sang retrouvé sur ses chaussures a été dilué. Il a donc utilise de l'eau pour nettoyer la scène de crime. Le sang dilué est facile a reconnaître parce qu'il sèche, et le bord de la tâche est plus sombre que le centre. Et où Ken se trouvait-il entre 12 h 20 et 13 h 40, quand sa femme s'est fait tuer ? M. Fitzhugh a dit qu'il était parti de chez lui vers 11 h 30 pour se rendre à Belmont, qui se trouve à 40 min de route de son domicile. Il devait visiter une maison vide. Mais personne ne l'a vu Ià-bas,
et son relevé téléphonique montre qu'il n'était pas à Belmont, lorsque l'école l'a appelé.
Son alibi ne tenait plus la route. Il était à Palo Alto, quand il a reçu ce coup de fil. Le procureur pense qu'il a tue sa femme à cause des secrets de famille. Il ne voulait pas que les gens apprennent que Justin n'était pas son fils, ni qu'il serait bientôt ruiné. C'est comme si une horloge avait explose, et que tous les ressors et les rouages s'étaient dispersés partout. Deux semaines après le meurtre de sa femme, Ken est arrête. Selon le procureur, les preuves attestent que Ken a planifié la mort de sa femme. Ken s'est garé non loin de chez lui. Kristine était dans la cuisine en train de déjeuner. C'est à ce moment-là qu'il l'a agressée. Le sang a éclaboussé son tee-shirt, ses chaussures, la chaise, le sol et les murs. L'autopsie montre aussi que Ken a étranglè sa femme. Voulant faire croire à un accident, il a traîné le corps de Kristine
jusqu'en bas de l'escalier, laissant du sang sur les marches.
En nettoyant, il a mis de l'eau sur ses chaussures, ce qui a dilué le sang. Il était sur place. Il a placé les chaussures de Kristine sur les marches pour appuyer le fait qu'elle avait trébuché. Ken a rangé ses chaussures dans sa voiture. Il ne pensait pas que la police fouillerait son véhicule, puisque ce décès était considéré comme un accident. 2 collègues lui ont servi d'alibi. Mais il a pris du retard, car il ne pensait pas que nettoyer sa maison prendrait autant de temps. Le relevé de ses appels montre qu'il se trouvait à Palo Alto, lorsque l'école l'a appelé pour lui signaler l'absence de sa femme. Tous les policiers s'accordent à dire que Ken a très bien nettoyé la scène de crime, mais il n'a pas pu tout enlever, et le Luminol l'a trahi. L'autopsie de son épouse ne laisse subsister aucun doute : il l'a tuée. Ca devait passer pour un accident pour qu'on ne se doute de rien.
Un cambrioleur n'aurait pas pris le temps de déplacer le corps ni de Iessiver les sols, comme ça a été fait dans cette affaire.
Qui penserait à faire ce genre de chose ? Qui serait obligé de le faire ? Eh bien, c'est Ken. Un an après les faits, Ken Fitzhugh est reconnu coupable de meurtre et condamné à 50 ans de prison. Il continue de clamer son innocence. Mais aucun doute ne subsiste sur sa culpabilité. Grâce au Luminol, on savait que le sang avait été nettoyé. Et de plus, le suspect avait menti sur l'endroit où il se trouvait. Toutes les preuves le désignaient.
- On ne sait jamais ce qui se passe vraiment chez les gens. On ne connaît jamais réellement leur vie privée. En fait, ils portent un masque. On dirait des gens bien, mais quand on gratte un peu, on découvre de drôles de choses. Lors du procès, Robert Brown, l'ancien ami de Ken et le père de Justin, le fils aîné de Kristine Fitzhugh, a dû révéler au grand jour sa véritable personnalité
et son parcours chaotique. Avocat, radié du barreau, Brown avait eu à répondre de différents délits, dont des vols de voitures. Son addiction aux drogues et à l'alcool avait achevé de le marginaliser. Il n'ignorait pas être le père du premier enfant de Kristine, puisqu'il avait exige qu'elle se soumette à des tests ADN pour en avoir confirmation. Vivotant ensuite aux crochets du couple, en cure de désintoxication et rechute, l'avocat déchu avait continué de tromper la confiance de son meilleur ami. Mais pour quelle raison Ken Fitzhugh a-t-il décidé de tuer sa femme à un moment précis plutôt qu'à un autre ? Pourquoi a-t-il attendu 20 ans pour se venger de la plus violente façon de celle qui l'avait trahi ? L'assassin ne s'en est jamais expliqué. Le procureur a estime que la menace de faillite avait été l'élément déclencheur du drame, la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. Vraisemblablement, les Fitzhugh vivaient dans le déni
depuis de nombreuses années.
La rancoeur s'était accumulée au point de devenir insupportable. Et un beau jour, sans signe annonciateur, l'homme bafoué était passé à l'acte. Merci d'avoir suivi cette émission en ma compagnie. Rendez-vous prochainement pour un nouvel épisode des "Enquêtes impossibles".
à un étrange phénomène. 7 bébés cessent brusquement de respirer et sont pris de convulsions lors de leur examen. Ils doivent tous être hospitalisés d'urgence. Ce genre d'accident, à cette fréquence, est très rare. Le décès de l'un des nourrissons incite les services de santé à diligenter une enquête. Bonjour. Heureux de vous retrouver pour ces deux affaires inédites N'accordons-nous pas trop de place aux préjugés ? Bien que nous connaissions tous le dicton populaire : "L'habit ne fait pas le moine", force est de constater que, bien souvent, des apparences trompeuses altèrent notre jugement, et nous continuons de penser selon des codes culturels
dont la valeur est parfois loin d'être fondée.
L'histoire que je vais vous raconter montre que dans certains cas, ce travers peut avoir des conséquences incalculables.
- Ringgold, dans l‘Etat de Géorgie, est un petit village tranquille, au pied des Blue Ridge Mountains. La vie y est simple. La rue principale ne compte que 3 feux de signalisation, et la plupart de ses 750 habitants se connaissent et travaillent ensemble. Alvin Ridley fait figure d'original parmi ses concitoyens. Avant, il dirigeait l'atelier de réparation de télévisions. En 1966, il épouse Virginia, alors âgée de 18 ans. La jeune femme rompt presque aussitôt les liens avec sa famille. Selon Alvin, elle la trouvait trop intrusive. Mais sa soeur, Trixie Lecroy, soutient que c'est lui qui a forcé Virginia à cet éloignement. Je leur ai envoyé une invitation pour chaque mariage, enterrement, chaque naissance dans la famille, mais en vain. Ils ne se sontjamais manifesté. Mon père est décédé. Il a rendu
l'âme après avoir tout fait.
Il a tout tenté pour revoir sa fille, mais il ne l'a jamais revue. Du jour où elle a épouse M. Ridley, il ne l'a plus revue. Ce qui peut bien se passer chez les Ridley alimente tous les ragots du village. Mais au matin du 4 octobre 1997, une nouvelle éclate : Virginia a été retrouvée morte dans son lit, toute habillée. Quand les ambulanciers arrivent, le corps est déjà raide, preuve que le décès remonte à plus de 8 heures. Trixie est convoquée pour identifier le corps de sa soeur. C'était au-delà de mes forces. Le mari de ma soeur était avec une femme. Ils sont entrés tous les deux, et quand elle est ressortie, elle m'a dit : "C'est une bonne chose que vous ne soyez pas entrée. "Ce n'est pas beau à voir." Elle a ajoute que ses cheveux n'avaient pas été peignés depuis des années. Qu'ils étaient complètement emmêles et pleins de noeuds. Apparemment, elle ne pesait même pas 40 kg. Elle n'avait plus
que la peau sur les os. Des rumeurs se mettent à circuler à Ringgold sur Alvin Ridley, et le rôle qu'il a joué dans le décès de sa femme. En octobre 1997, Virginia Ridley est retrouvée morte chez elle, amaigrie et négligée. Morte dans sa pauvre maison, infestée de fourmis et de cafards, dépourvue d'eau courante et de téléphone. La nouvelle fait d'autant plus sensation que personne dans le bourg ne l'avait revue depuis son mariage, célébré 30 ans plus tôt. Certains même imaginaient qu'elle était secrètement morte et enterrée depuis longtemps. D'autres, mauvaises langues sans doute, la croyaient séquestrée par son mari, un homme peu sociable et procédurier. Dans ce climat de suspicion, rumeurs et vraies questions se mêlent. Et la police enquête. Pour quelle raison Alvin, son mari, a-t-il attendu au moins 8 heures avant d'appeler les secours ? Trixie Lecroy, la soeur de la défunte, est persuadée, quant à elle, que Virginia serait toujours en vie
si Alvin avait réagi à temps.
Je n'ai aucun doute. Cet homme est responsable, directement ou indirectement du décès de ma soeur. On ne me fera pas croire le contraire. Les enquêteurs retracent les gestes d‘Alvin Tu es réveillée ? Alvin raconte qu'à son réveil, sa femme était déjà morte. Il a pris son véhicule et est sorti pour téléphoner. Il avoue être passé devant la caserne des pompiers. Ces derniers auraient pu lui prêter assistance. Mais au lieu de s'arrêter, il continue sa route vers une cabine située en dehors du village. ll ne contacte pas l'hôpital le plus proche, mais celui de Chattanooga, dans le Tennessee, à une cinquantaine de kilomètres de distance. On lui conseille d'appeler Police Secours, ce qu'il finit par faire.
Voici l'enregistrement de cette conversation. *- Police Secours. Votre adresse ? 134, rue Hemann. *Quel est le problème ? Je crois que ma femme est morte. *Au 134, rue Hemann ? Oui. *Elle respire ? Je ne crois pas. J'appelle d'une cabine qui se trouve derrière la scierie. *Vous n'avez pas le téléphone ? Non. *Vraiment ? Les enquêteurs sont frappés par le ton détaché d‘Alvin. Cet appel ne ressemble en rien à ceux que Police Secours reçoit habituellement. L'examen du cadavre est mené par le légiste du comté : Vanita Hullander. Elle découvre dans les yeux des signes d'hémorragie petechiale, provoquée par la rupture des vaisseaux sanguins. Ce genre de choses est fréquent quand la victime a été étranglée. Il s'agit d'une femme de 49 ans. Elle souffre de dénutrition, avec des signes d'hémorragie pétéchiale dans les yeux. Une autopsie complète est pratiquée. F. Heilmann, médecin légiste, découvre des ecchymoses dans les tissus sous-cutanés
du cou de Virginia.
Ce détail, que le légiste n'a pas noté dans son rapport, semblerait confirmer qu'elle a été étranglée. La police déclare un meurtre, et inculpe son mari, Alvin Ridley, d'homicide volontaire. En raison des hémorragies pètêchiales dans les yeux et de la condition physique, le médecin a estimé que la mort était d'origine criminelle. La police découvre que Virginia n'avait pas vu un médecin depuis bien longtemps. Ils ont vérifié dans un périmètre de 150 kilomètres. Aucun médecin, aucun spécialiste, aucune pharmacie, aucun hôpital. En 30 ans, cette femme n'était allée nulle part. Les médias s'emparent de l'affaire. Beenea Hyatt est alors reporter pour un journal de Chattanooga. Personne ne connaissait vraiment cet homme. Tout ce que les gens savaient, c'était qu'il était solitaire, et que Mme Ridley n'était pas apparue en public depuis une vingtaine d'années. Quand on considérait cela, on concluait que c'était
une étrange affaire, et que ces gens étaient plutôt bizarres. Ringgold se prépare au plus grand procès de son histoire. Mais la police n'est pas au bout de ses surprises, et Alvin créera l'évènement en expliquant la façon dont sa femme est morte. Trixie Lecroy se rend régulièrement sur la tombe de sa soeur. Dans un sens, elle a plus de contacts avec elle morte que de son vivant. Trixie, tout comme le reste de la famille, n'a pas vu Virginia pendant ses 30 ans de mariage avec Alvin, l'homme accuse de son meurtre. Je vais vous dire une chose : si Dieu existe et qu'il est tout puissant, ce que je crois, je ne voudrais pas être à la place de cet homme le jour du jugement dernier. Alvin Ridley clame sans relâche son innocence.
- Je me sentais complètement déprimé. J'étais triste d'avoir perdu la femme que j'aimais. On a été mariés 30 ans. On a vécu heureux, en bons chrétiens. Je ne l'ai jamais frappée. De toute notre vie commune.
On se disputait parfois, mais ça n'a pas été plus loin.
McCraken Poston, l'avocat d‘Alvin, Sa réputation et son comportement après le décès rendent sa défense particulièrement difficile. Ma famille me disait que c'était un fou, capable de tout. J'étais sur le point de me marier. ont essayé de me dissuader de le défendre. Alvin avait mauvaise réputation. On le décrivait comme un va-nu-pieds, OLI comme un escroc. Au fur et à mesure que l'enquête progresse, Pourquoi a-t-il appelé la police d'une cabine située à l'autre bout du village, alors qu'il en existait une près de son domicile ? Pourquoi n'a-t-il pas alerté les pompiers alors qu'il était passe devant leur caserne ? Pourquoi n'a-t-il pas téléphoné a l'hôpital du village, mais à un autre, éloigné de 50 kilomètres ? S'il avait voulu retarder l'arrivée des secours afin de s'assurer que sa femme ne pouvait plus être reanimee, il n'aurait pas procédé autrement. Le rapport d'autopsie est,
par ailleurs, accablant.
L'examen du cadavre de Virginia a révélé des traces de strangulation et la présence d'hémorragie petechiale, dest-à-dire sous la peau. Selon le légiste, la malheureuse a de toute évidence était étranglée ou étouffée. Pour autant, et en dépit des indices qui Paccablent, Alvin Ridley continue de clamer son innocence. Si son avocat veut lui éviter une lourde peine, il doit apporter une preuve formelle de son innocence, une tâche qui ressemble à un défi. Dans un 1er temps, l'avocat va inspecter la masure du couple. Et il découvre avec stupéfaction que les murs sont recouverts de lettres manuscrites.
Certaines étaient adressées au Congrès et avaient été écrites par Alvin. Mais il y en avait d'autres, rédigées d'une écriture très particulière, qui n'était pas de lui. Je lui ai demandé, et il m'a dit que c'était de Virginia. J'en ai arraché une du mur et j'ai dit à Alvin : "Cela va vous sauver." Il y a des centaines de lettres.
Toutes apparemment de la main de Virginia.
Certaines racontent simplement ce qu'elle a regardé à la télévision. Il y a aussi une pile de cahiers dans lesquels sont recopies des chapitres de la bible. Mais la plupart sont des lettres d'amour adressées à Alvin. Selon McCraken Poston, elles n'ont pas pu être rédigées par une femme séquestrée. Mais comment prouver que Virginia en est bien l'auteur? L'avocat les envoie à Bryan Carney, un expert en analyse de documents. Pour authentifier les lettres attribuées à la défunte, il ne dispose que de documents administratifs sur lesquels figure sa signature. Il compare les écritures et remarque des similitudes caractéristiques.
- On peut voir que les 3 "l" dans le nom de "Virginia" sont tous plus hauts que les autres lettres. Ils sont en minuscule, leur tracé est assez cursif, et si on dessinait une ligne horizontale au-dessus, du 1er "l" à la dernière lettre, on verrait que les "l" sont plus
hauts que les autres caractères. Quand on regarde l'ensemble, pour établir une comparaison, on voit clairement que le trace des "l" est récurent, et que c'est la façon d'écrire de cette personne. La famille de Virginia révèle aux enquêteurs qu'elle souffrait d'épilepsie depuis son enfance. C'est une maladie neurologique caractérisée par des attaques de convulsion dues à des décharges électriques incontrôlées dans le cortex cérébral. D'après ses lettres, Virginia avait cessé de prendre ses médicaments des années avant son décès, préférant s'en remettre à sa foi en Dieu pour guérir. L'avocat d‘Alvin consulte le neurologue B. Wannamaker, qui lui apprend que les hémorragies pétéchiales accompagne souvent ce qu'on appelle "la mort subite de Pépileptique". Ce syndrome se produit chez les patients qui ont décidé d'arrêter leur traitement, ou dont la maladie n'a pas été diagnostiquée. Je connais des gens qui se sont endormis à côte de leur conjoint,
et qui l'ont retrouvé mort à leur réveil.
Ils n'ont pas été témoins de la crise qui a provoqué la mort. D'ailleurs, certains neurologues ne sont pas convaincus que la cause soit la crise d'épilepsie, mais que la mort de ces patients serait le résultat des modifications du rythme cardiaque et du fonctionnement respiratoire provoqué par l'activité épileptique dans le cortex. Plus médecins et policiers étudient le cas, plus ils constatent l'étendue et la gravité des maux dont elle était affectée. Car en plus des crises d'épilepsie, Virginia souffrait d'agoraphobie et d'hypergraphie. L'agoraphobie, la peur des espaces ouverts, explique sa réclusion volontaire depuis des dizaines d'années. L'hypergraphie, provoquée par un dérèglement neurologique, dû certainement à l'épilepsie, est le besoin impérieux d'écrire. Cette maladie explique l'énorme quantité de lettres et de carnets que Virginia avait noircis. Un journal intime de plus de 10 000 pages.
Seule cette activité lui permettait de recouvrer entre deux crises un semblant d'équilibre.
Alvin confirme aux policiers que son épouse, très croyante, avait cessé de prendre des médicaments, préférant remettre sa vie entre les mains de Dieu. Il ajoute aussi que le soir de sa mort, Virginia avait eu une crise d'épilepsie particulièrement violente.
- La crise passée, elle s'est sentie un peu mieux. Je lui ai demandé : "Ca va aller ?" Elle m'a souri et m'a répondu : "Oui, mon chéri. Je t'aime." J'ai pense que le pire était passe, alors je suis allé me coucher. Son avocat doit encore franchir un dernier obstacle : trouver une explication aux ecchymoses sur le cou, qui, selon le médecin légiste, indiquent qu'il s'agit d'un homicide. Le procès est présidé par le juge Ralph Van Pelt. Connaissant la réputation de l'inculpé, due à ses incessantes querelles de voisinage, il ordonne son évaluation psychologique. Il aurait été déclaré irresponsable,
conformément à la législation dans l‘Etat, qui prévoit le cas d'aliénation mentale.
Le psychologue a affirmé et qu'il était capable de participer à sa défense. L'avocat doit réfuter la thèse de la strangulation soutenue parle ministère public et expliquer les ecchymoses sur le cou de la défunte. Il engage le Dr Robert Goldberg pour pratiquer une contre-expertise. Ce dernier découvre qu'un employé du cabinet du légiste, voulant procéder à une analyse toxicologique a ponctionné du sang dans une veine du cou, ce qui est contraire au protocole.
- C'est totalement illégal. Et ça représente un grave manquement au protocole. Selon le Dr Goldberg, la seringue a provoqué les ecchymoses révélées le lendemain par l'autopsie. On parle alors d‘artefact, ce qui désigne toute altération produite artificiellement lors d'un examen post-mortem. Dans l'Etat de Géorgie, les médecins légistes sont élus. Et c'était la 1re affaire que supervisait Vanita Hullander
depuis son élection. L'avocat est convaincu que son inexpérience et ses préjugés contré l'inculpé ont influencé son jugement. Alvin Ridley la terrifiait. Pour la plupart des gens du coin, c'était un personnage louche et impénétrable. Je pense que son jugement a été totalement dominé par la peur. Quand elle a accompagné le corps de Virginia au laboratoire de la police criminelle, elle a déclaré en arrivant : "Cette femme était enfermée dans une cave depuis 30 ans." L'autre médecin légiste qui a pratiqué l'autopsie s'est laissé influencer par cette remarque qui était dénuée de tout fondement, et il a trouvé tout naturel de conclure à un homicide par strangulation. Vient enfin le tour d‘Alvin Ridley de s'exprimer. Il dit être passé devant les pompiers sans s'arrêter parce qu'il s'était dispute avec certains d'entre eux. ll ajoute qu'il appelé l'hôpital de Chattanooga car il y avait amené sa mère quelques années auparavant,
et qu'il n'en connaissait pas d'autre.
Puis il déclare que les lettres de Virginia sont le témoignage de l'amour qui les unissait. Après 2 heures de délibération, les jurés prononcent son acquittement. Alvin, blanchi de toute accusation, est certain que Virginia, à travers ses lettres, l'a sauve d'une vie derrière les barreaux. Je pense que ma femme et le seigneur m'ont sauvé. Ainsi que les jurés. Alvin vit toujours dans la même maison délabrée, à la périphérie de Ringgold, et rêve de rouvrir son atelier de réparation de télévisions. Il se rend régulièrement sur la tombe de Virginia, ce qu'il considère comme un privilège que la science lui a accorde en établissant son innocence.
- C'était sûrement un homme étrange. Il était très solitaire, il n'avait aucune des aptitudes nécessaires qu'il a été inculpé de meurtre et qu'il s'est retrouvé devant un tribunal. Mais heureusement, la vérité a triomphe, et il a été acquitté.
Dans cette étrange affaire, la justice s'est exprimée et elle a triomphe des préjugés et de la rumeur publique.
Elle met néanmoins en relief deux éléments : influencée par les commérages, le coroner Vanita Hullander n'a pas établi les circonstances du décès avec impartialité. Puis en pratiquant une prise de sang post-mortem dans une veine du cou, provoquant ainsi des hématomes qui ont été interprétés comme des marques de strangulation, elle a commis une lourde faute professionnelle. Cette faute aurait pu conduire Alvin Ridley a passer le reste de ses jours La 2e remarque concerne la pugnacité de l'avocat de la défense. Sans la découverte des lettres d'amour que Virginia avait écrites à son mari, et qui le disculpaient, le jury n'aurait pas innocenté Ridley, persuadé qu'il infligeait a sa femme des mauvais traitements et qu'il était responsable de sa mort. Ainsi, cette affaire démontre une fois encore que sans preuves scientifiques avérées,
la justice peut se transformer en un cynique jeu de hasard.
Les criminologues ont établi la liste des mobiles courants qui poussent un individu à commettre un meurtre. En dehors des criminels psychopathes, sociopathes, paranoïaques, délirants et autres pervers sexuels, les motivations sont souvent banales : jalousie, vengeance, conflit et lutte de pouvoir, appât du gain. Nous verrons dans la suite que certains criminels échappent a cette nomenclature, comme s'ils étaient des êtres à part, ayant perdu toute trace d'humanité.
- Kerrville, au Texas, est une petite ville tranquille, située à une centaine de kilomètres de San Antonio. Sa population est constituée surtout de retraités. Le Dr Holland a décidé d'ouvrir son cabinet pédiatrique, le 2nd de la ville, estimant qu'elle peut se faire une clientèle. Ed et Patty McClellan sont particulièrement heureux Beaucoup de mères préfèrent les femmes médecins. Le Dr Holland était jeune,
avec des idées progressistes. Elle était susceptible d'insuffler un certain renouveau dans la communauté médicale. Le Dr Holland inaugure sa clinique en 1982. Chelsea, la petite fille des McClellan est sa 1re patiente. Elle a tout juste 15 mois. Chelsea est arrivée à mon cabinet le 1er jour. L'enfant souffrait de difficultés respiratoires depuis 2 mois. Le Dr Holland ausculte l'enfant. A peine termine, Chelsea s'arrête brusquement de respirer. On la transporte en ambulance à l'hôpital Peterson. Les médecins parviennent à réanimer le bébé, mais ne parviennent pas à identifier la cause de l'accident. Un mois plus tard, Chelsea se retrouve chez la pédiatre, mais cette fois, pour une banale vaccination. Après avoir été vaccinée, Chelsea s'arrête de respirer. Elle devient toute bleue et est prise de convulsions. L'enfant est transporté encore à l'hôpital, où les médecins parviennent à stabiliser son état. Quelques heures plus tard,
elle est emmenée à San Antonio pour y être examinée par des spécialistes.
Le Dr Holland suit l'ambulance dans sa voiture. En chemin, Chelsea fait un arrêt cardiaque. L'ambulance se gare pour permettre à la pédiatre de tenter de la réanimer. J'ai sauté dans l'ambulance. Je lui ai immédiatement fait un massage cardiaque, et j'ai dit aux ambulanciers d'aller a l'hôpital le plus proche. Mais une fois sur place, en dépit de tous nos efforts, nous avons été incapables de la réanimer. Après 20 min à l'hôpital, plus le temps passe dans l'ambulance à lui prodiguer les 1ers soins, le décès était prononcé. D'après l'autopsie, Chelsea est morte d'un arrêt cardiaque. Le fameux syndrome de la mort subite du nourrisson, qui ne touche en général que les bébés de moins d'un an. Au cours des semaines suivantes, le Dr Holland fait face à d'autres accidents similaires. Une petite fille de 5 mois se met à suffoquer. Incapable de respirer,
elle est transportée d'urgence à l'hôpital.
un autre nourrisson qui, pris de convulsions, doit être conduit aux urgences. Au bout de son 1er mois d'exercice, la pédiatre aura été confrontée 7 fois au même scénario, dans des circonstances identiques. A chaque fois, l'enfant a dû être hospitalisé d'urgence. Il lui est arrivé d'appeler une ambulance plusieurs fois dans la même semaine. C'était du jamais vu. A Kerrville, il y a peu de jeunes enfants. A force, les autres médecins ont eu des soupçons et ont commencé à s'interroger. Comment expliquer cette brutale épidémie ? Quel syndrome à répétition frappe les très jeunes enfants ? Pour quelle raison sont-ils pris de défaillance cardiaque lorsqu'ils se font ausculter dans le cabinet du Dr Holland ? S'agit-il de coïncidence, ce qui est difficile à croire, ou la responsabilité du pédiatre est-elle engagée d'une manière ou d'une autre ? Afin d'enrayer le phénomène, les services sanitaires
décident d'enquêter sur la mort inexpliquée de la petite Chelsea.
La pédiatre passe chaque quart en revue devant un comité. Elle déclare que ces accidents s'expliquent par le passé médical des enfants. Chelsea est née avant terme. Elle avait des problèmes respiratoires. Un membre du comité lui demande s'il lui arrive d'utiliser de la succinylcholine. Un urgentiste soupçonne l'injection d'un relaxant musculaire comme la succinylcholine, d'être à l'origine des convulsions. La succinylcholine a les mêmes effets que le curare, et peut provoquer, à haute dose, un arrêt respiratoire. Aux USA, elle est parfois injectée aux condamnés à mort. Le Dr Holland explique qu'elle en garde un flacon, mais qu'elle ne l'a jamais utilisé. On lui demande si elle a confiance en son personnel. La réponse est affirmative. Ce soir-là, après les consultations, Le Dr Holland interroge son infirmière Genene Jones. Le comportement de cette dernière éveille ses soupçons.
Il y a eu un blanc, et soudain, elle m'a dit : "J'ai retrouvé le flacon de succinylcholine qui manquait." Je lui ai demandé : "Quel flacon de succinylcholine ?" Je vous ai dit que j'avais égaré un flacon. J'en ai commandé un autre et j'ai retrouvé le 1er. Maintenant, on en a deux. Pour la pédiatre, le fait que son infirmière mentionne cette substance ne peut pas être une coïncidence. J'étais là à l'écouter attentivement, et j'ai tout de suite fait le rapprochement avec ce qui avait été évoqué pendant la réunion. Le lendemain matin, le Dr Holland trouve dans le frigidaire les 2 flacons de succinylcholine. Ils semblent pleins. Mais sur l'un des bouchons, elle remarque deux minuscules trous d'aiguille. Dès que je les ai vus, tout mon univers s'est écroulé. J'ai été prise de panique. J'étais totalement affolée. Le Dr Holland apporte immédiatement les 2 flacons aux autorités. Le Dr Holland figurait sur la liste des suspects.
Elle s'était montrée sur la défensive pendant l'enquête.
Car en tant que capitaine du navire, elle se sentait responsable de la mort de la petite Chelsea. En plus, elle s'attendait a une avalanche de procès de la part des parents. Jones fait également partie des suspects. Agée de 33 ans, cette infirmière libérale, divorcée et mère de 2 enfants, sont envoyés pour examen au laboratoire de la police scientifique. La fiole au bouchon percé de 2 trous semble pleine, mais elle est remplie d'eau à 80 %. Une forte dose de succinylcholine aurait pu provoquer le décès de Chelsea. Malheureusement, le produit ne laisse pratiquement aucune trace. La substance disparaît rapidement après avoir été injectée dans le corps. On ne peut donc pas la détecter, parce que la succinylcholine est composée d'acide et de choline qui sont des éléments présents chez l‘Homme. Sans preuve scientifique, il ne reste que les soupçons du Dr Holland et les protestations d'innocence
de Genene Jones.
Le procureur commence à entrevoir une piste. Il pense qu'on a injecté exprès de la succinylcholine, un redoutable relaxant musculaire, à plusieurs enfants, dont la petite Chelsea, lors de leur examen dans le cabinet du Dr Holland. Les enfants qui n'étaient pas en âge de parler et qui avaient des problèmes de santé ont été pris de convulsions pendant que le Dr Holland les examinait. En revanche, ceux qui savaient s'exprimer ou qui souffraient d'une maladie anodine, un rhume, par exemple, sont repartis indemnes. Tous les autres ont subi le même sort. L'un des flacons qui se trouvait dans le cabinet paraissait plein, mais il était rempli d'eau à 80 %, et son bouchon était percé de 2 petits trous d'aiguille. Le principal suspect est Jones, l'infirmière de la pédiatre. Elle se trouvait dans l'ambulance au moment où Chelsea est morte suite a un arrêt cardiaque. Alors que l'enquête suit son cours, des soupçons pèsent aussi
sur elle à San Antonio pour des faits similaires.
Un an auparavant, on avait constaté à l'hôpital, où Jones travaillait, une augmentation de décès en pédiatrie, dans l'unité de soins intensifs. Vincent Dimaio, médecin légiste, avait été informe des soupçons qui pesaient sur Jones par ses collègues.
- Tout le monde était au courant. C'était devenu une sorte de plaisanterie morbide. Si plusieurs bébés décédaient en pédiatrie, c'est que Jones devait être de service. L'inconcevable s'est-il produit ? L'infirmière Genene Jones a-t-elle volontairement injecté aux enfants des doses massives de succinylcholine dans le but de provoquer détresse respiratoire et arrêt cardiaque ? Les médecins n'ignorent pas que ce relaxant musculaire, utilisé parfois pour l'exécution des condamnés à mort, est difficilement décelable dans l'organisme. Mais le nombre anormal de décès de nourrissons survenus dans l'hôpital où l'infirmière travaillait avant
était tout bonnement alarmant. Plus incroyable encore : le taux de mortalité a brusquement chuté aussitôt que Genene Jones a quitte le service. Cette information capitale est transmise à l'adjoint du procureur.
Le procureur découvre que les responsables de l'unité soupçonnaient Jones d'être mêlée à ces mystérieux décès. Mais au lieu d'ouvrir une enquête, la direction avait renvoyé toutes les infirmières libérales du service, dont Jones faisait partie.
- Ils ont mené une enquête, et ils se sont concentrés sur Genene Jones. Ils ont décidé d'éliminer et de ne garder que les titulaires. Ca leur permettait de se débarrasser de Jones. Le Dr Holland, qui songeait à faire venir Genene à Kerville pour l'engager a demandé à l'hôpital si c'était une bonne idée. La réponse a été affirmative. "Oui, c'était un excellent choix." L'hôpital s'est donc débarrasse d'elle et l'a envoyée à Kerrville. Le procureur est convaincu que la petite Chelsea
a été tuée intentionnellement par une injection du succinylcholine, un redoutable relaxant musculaire.
Jones était seule avec elle quand l'enfant a été prise de convulsions. Elle était aussi dans l'ambulance quand elle est décédée d'un arrêt cardiaque. Un flacon du succinylcholine qui avait disparu du cabinet a été retrouvé plus tard rempli d'eau à 80 %. Mais le procureur ne peut pas prouver que la mort de Chelsea a été provoquée par cette substance, car aucun test ne peut la détecter dans les tissus humains. Mais il a entendu parler d'un expert médico-Iégal, le Dr Frederic Rieders, qui a mené des recherches les diverses molécules des échantillons, puis on mesure la vitesse à laquelle elles se séparent.
Les résultats sont concluants. On découvre des traces de succinylcholine dans les tissus embaumés de la petite Chelsea. Une première scientifique. Notre hypothèse, pour ne pas dire certitude, était que quelqu'un avait injecté
à cette enfant au moment de son décès ou un peu avant, ou du moins avant que les signes et les symptômes qui ont entraînés sa mort se soient manifestés.
Les résultats étaient positifs. Il y avait des traces de succinylcholine dans le corps. Moins de 10 nanogrammes. C'était du jamais vu. Un appareil si perfectionné qui pouvait détecter des quantités de l'ordre de quelques nanogrammes. Sur le point d'être démasquée par le Dr Holland, Jones, feignant de se trouver dans un état comateux, avait tenté de simuler une overdose de doxépine, un puissant anxiolytique. La pédiatre avait pratique