Mais je parlais surtout de Dans "Jours barbares", William Finnegan évoque son addiction fascinante pour le surf.

Dans La grande librairie sur France 5 - le jeudi 18 mai
William Finnegan. Il est connu comme journaliste. C'est sans doute l'un des plus sérieuxjournalistes de politique internationale. Il travaille au New Yorker. Il a un secret. Il est addict au surf. Le rêve de la vague parfaite qui va lui faire faire des choses extraordinaires. C'est l'histoire de cette addiction qu'il raconte dans un livre magnifique : "Jours barbares". Je vous emmène à la rencontre de William Finnegan.
Voici une journée dans la vie d'un homme qui donnerait tout pour une vague ou pour une planche de surf. William Finnegan :Je mène une double vie, en quelque sorte. D'un côté, je suis un journaliste qui travaille pour un magazine et écrit des livres. J'ai une vie publique où j'essaie d'être un bon citoyen. Et puis, j'ai cette autre vie, que je n'arrive pas à justifier.
Du genre : "Tu n'es qu'un pauvre surfer e _ "Tu ".85 qul surfer!" Une vie qui n'est absolument pas productive, et presque contre-productive. Totalement inutile. Ily a des jours qui ressemblent plutôt à Samuel Beckett, et d'autres où c'est plutôt du Beethoven. William Finnegan a pratiqué le surf depuis l'enfance. Journaliste au New Yorker depuis 1995, il a couvert la guerre civile, l'apartheid en Afrique du Sud ou encore les conflits aux Balkans.
Des articles comme "The Invisible War", ou un autre sur la résurgence des gangs nazis aux Etats-Unis, ont bâti une solide réputation dans le monde des journalistes. Avec "Jours barbares", il a obtenu le prix Pulitzer. Chaque matin, William Finnegan débute sa journée par le même rituel. William Finnegan :Voyons quel temps il fait à Montauk. Les vagues semblent petites. Mais peut-être qu'elles seront mieux à marée basse. On devrait y aller cet après-midi.
Ça n'a pas d'air génial, mais on peut essayer. Les vagues ne sont pas bonnes ce matin, alors je vais aller travailler au bureau. Je loue un petit appartement près de Central Park. D'abord, on travaille, et ensuite on surfe. Il faut toujours suivre le programme de l'océan. J'ai appris à concilier les deux. D'un côté, il faut que je sache sans cesse ce qu'il se passe pour le surf, pour trouver le bon moment.
D'un autre côté, il faut que je sache ce qui se passe dans le monde, les situations que j'aborde dans mes articles. La plupart du temps, j'écris. C'est ici que je travaille. J'ai écrit une grande partie de mon livre ici. Parfois je quittais New York etje m'installais dans une forêt de la Nouvelle-Angleterre, juste pour être au calme, pour me concentrer et me souvenir de ce dontj'avais besoin pour écrire ce livre.
Quand j'ai commencé à travailler sur "Jours barbares" et que j'essayais de savoir à quoi ce livre pourrait bien ressembler, j'ai reçu inopinément un paquet de lettres par courrier. Des lettres que j'avais écrites quand j'avais 13 ans. Mon meilleur ami de l'époque, à qui j'écrivais ces lettres, les a retrouvées chez lui. Il me les a renvoyées en me disant : "Tu devrais peut-être les lire." Ces lettres incroyables sont arrivées. Je les ai toutes lues. Elles étaient très longues.
Elles étaient toutes écrites à la main. Etj'y racontais tout ce qui arrivait chaque jour, à l'école, avec les filles. Mais je parlais surtout de Dans "Jours barbares", William Finnegan évoque son addiction fascinante pour le surf. Une addiction qu'il élève en art de vivre qui le pousse à traquer les vagues aux 4 coins du globe. Il en profite pour porter sur le monde un regard critique. En cela, William Finnegan s'inscrit dans la grande tradition littéraire des chroniqueurs de leur temps.
William Finnegan : j'écrivais très mal. Tout était déchiré. Le surf, les filles... Ce mot n'a pas survécu aux ravages du temps. Tous les détails que je donnais sur l'école, sur les vagues, sont d'une richesse... Je ne me souviens même pas d'avoir écrit toutes ces lettres. Je me suis dit que je devrais commencer le roman par ça. Les oeuvres qui m'inspirent sont tout autour de moi. Je recommande Mark Twain. Son livre est étonnant. Ily a Joan Didion. C'est un écrivain très important pour moi.