La police française vient d'arrêter Yvan Colonna, l'assassin de Claude Erignac.

Dans 13h15, le dimanche... sur France 2 - le dimanche 10 septembre
Vous avez reconnu Yvan Colonna? Non, j'en suis formelle. Marie Ange Contart a vu un homme aux cheveux blonds, les enquêteurs pensent que le tireur avait une perruque. Pour Sylvain Cormier, ce témoignage est la preuve de l'innocence de son client. L'avocat lyonnais a repris la défense d'Yvan Colonna il y a 3 A chaque visite en Corse, il revient sur les lieux du crime, Vous l'imaginez comment cette rue? Pas du tout comme ça. Déjà, j'imaginais quelque chose de très large.
Je ne savais pas que c'était une petite rue. Du coup, je n'avais pas perçu la très grande proximité qu'il pouvait y avoir entre Mme Contart et le tueur. Marie-Ange Contart, la passagère, coilà ce qu'elle dit au moment de l'enquête, au tout début... "Au moment où nous arrivions à sa hauteur, je vois qu'il a des problèmes avec l'arme. Il essaye de manier la partie haute vers l'arrière, il tape sur la poignée"... C'est la description d'une arme enrayé qu'on essaie de désenrayer.
"C'est à ce moment que j'ai vu l'arme, de couleur noire, de forme carrée" C'est un témoignage très précis, très détaillé. "Quelques secondes après ces manipulations, l'individu s'est retourné en continuant à tirer vers le sol, leurs regards s'étaient Et elle donnait de lui la description d'un individu plus calme, plus âgé, 30-55 ans environ, de corpulence mince, athlétique, aux yeux enfoncés, aux joues creuses, etc... . C'est un témoignage très précis.
Et lorsqu'on va lui présenter Yvan Colonna, elle va dire que ce n'est pas l'homme qu'elle a vu. Sur les hauteurs de Propriano, le 4 juillet 2005, Yvan Colonna revient finalement chercher son sac à dos à la bergerie. Mais cette fois-ci, le Raid réussit à le rattraper. C'est la fin de 4 ans de cavale. Il est immédiatement exfiltré vers Paris. Dans les rues d'Ajaccio, des militants nationalistes hurlent leur colère. La police française vient d'arrêter Yvan Colonna, l'assassin de Claude Erignac.
La force est restée à la loi, à la loi de la République. Il y a vraiment quelque chose qui est changée dans notre République. Voilà la conception de l'Etat de droit qui est la nôtre. Fort de ce succès, Nicolas Sarkozy s'interroge. Publiquement, il ne cite personne, mais dans son entourage, on semble reprocher à ses prédécesseurs du gouvernement Jospin de ne pas avoir tout mis en oeuvre pour arrêter l'assassin présumé du préfet Erignac.
C'est Sarkozy, ministre de l'Intérieur, qui en a fait l'exploitation politique que vous savez, lors d'un meeting de son parti à Montpellier, présentant l'arrestation comme un trophée politique. Je vous assure que si le gouvernement Jospin avait pu mettre la main sur Yvan Colonna avant, il l'aurait fait avec un grand soulagement. Une semaine après l'arrestation d'Yvan Colonna, au palais de commando. Alain Ferrandi et Pierre Alessandri sont condamnés à la prison à perpétuité.
Didier Maranelli écope de 25 ans de prison, tout comme Marcel Istria. Joseph Versini est condamné à 15 ans de prison. Et Martin Ottaviani à 20 ans. Yvan Colonna, lui, sera jugé lors de trois procès et condamnée trois fois à la prison à perpétuité. Derrière les barreaux de la maison d'arrêt d'Arles, Yvan Colonna nous a adressé l'année dernière une lettre dans laquelle il continue à clamer son innocence.
"Je sais que la France ne me fera pas de cadeaux, même après 17 ans passés loin de chez moi, même après 15 ans de prison pour rien"... l'ultime recours, a tranché: Yvan Colonna ne sera pas rejugé. Il devra rester derrière les barreaux au moins jusqu'en 2021. Il n'y a absolument aucun doute... On connaît bien le dossier, en 18 ans, on a eu le temps de le lire. On a pu assister à cinq procès, à de nombreux témoignages... Le scénario est démontré, et les faits aussi...
Là-dessus, on a aucun doute... On a tout à fait consciece et une connaissance approfondie de qui a fait quoi au niveau opérationnel. On sait parfaitement qui était présent sur les lieux du crime et qui a appuyé sur la détente. On a aucun doute là-dessus.