Mais ensemble, ils ont un fils, le 5e enfant de Jean Rochefort, Il se prénomme Pierre, en hommage à Pierre Besson, l'ami de Saint-Lunaire.

Dans Stupéfiant ! sur France 2 - le lundi 9 octobre
C'est pas facile d'être aucune de ces femmes, je crois. Si l'actrice a tant de mal à répondre, c'est que la fiction a rejoint la réalité. Jean Rochefort et Nicole Garcia sont devenus amants. C'est un homme qui a une grande vitalité, une soif de vivre, une grande soif d'exister, surtout à un moment crucial de la vie d'un homme, la quarantaine largement dépassée. Cette gravité, il la ressent dans sa vie d'homme, d'amoureux.
Il doit avoir peur, à ce tournant de sa vie, par rapport à son âge, de vieillir, de ne plus plaire. Il va séduire pour se rassurer. Rochefort n'est pas un coureur, un dragueur. Il court pas après la femme. Tandis que moi, c'est... Jean est un séducteur. Il s'en défend, parce qu'il est objectif. Il ne cherche pas à séduire. Mais il séduit. Un séducteur qui a été attiré par le tempérament de la comédienne Nicole Garcia. C'est une femme moderne, indépendante.
Elle est l'antithèse de la précédente femme de Jean Rochefort, qui était plutôt effacée. C'était la femme de Jean Rochefort. Là, ils sont sur un pied d'égalité et ça change tout. C'était une vraie passion, comme on en rencontre peu. Ils avaient des points communs, une harmonie. Mais c'était passionnel. Et ça l'a été après. Jean est un passionné. Et la passion, qu'elle soit professionnelle, humaine, amoureuse, elle doit être rouge vif. Il faut un grain de folie.
Il faut qu'il puisse pas dominer la chose, pour être heureux. A 50 ans, Jean Rochefort se sépare donc d'Alexandra, son épouse durant 20 ans. Et il décide de s'installer avec ses chevaux, à une heure de Paris. C'est un endroit aride. Pour pouvoir y habiter, il faut un certain caractère. Pour quelqu'un qui, comme lui, a habité dans des villes, venir se perdre dans un hameau aussi désertique, il fallait beaucoup de courage. On est au milieu de la plaine, une ferme en plein vent, 4 murs fermés.
Et lorsqu'on entre, à droite, la maison qu'habitait Jean. Il y avait sa maison et les chevaux à côté. Avec la résonance des murs, il était connecté avec ses chevaux. Un cadre idéal pour le comédien, mais trop austère pour sa compagne. Elle n'aimait pas la campagne. On sentait qu'elle, c'était une Parisienne. Elle venait là pour être avec lui. Elle ne pouvait pas s'installer là. Et lui laissait-il la place de s'installer?
Ça ne pouvait fonctionner que dans ce schéma : chacun chez soi et on se voit quand on en a envie. Le couple ne vit pas ensemble. Mais ensemble, ils ont un fils, le 5e enfant de Jean Rochefort, Il se prénomme Pierre, en hommage à Pierre Besson, l'ami de Saint-Lunaire. Le petit garçon grandit avec sa mère, à Paris. Quand il vient à la campagne, son père l'initie à l'équitation. Cet enfant, Jean a voulu en faire un cavalier.
Je le vois dans la clairière, tourner en rond, et son père tenait la longe. Et Nicole Garcia, inquiète, disait: "Attention, il va tomber." Et Jean disait: "Mais non, il a déjà "la stature du cavalier.
" En réalité, Nicole Garcia n'a que peu d'intérêt pour la passion de Jean. Je sais pas combien elle aimait ça. Elle le respectait car c'était indissociable de Jean. Mais c'était un peu détonant. Quand vous avez une passion comme ça, et que votre compagne n'aime pas, c'est dur. Ce n'est sans doute pas la seule raison, mais au fil des années, ces modes de vie différents finissent par altérer les relations du couple. Un de ses plaisirs, c'était de partir en forêt de Rambouillet. Et il revenait tard le soir. C'était un grand solitaire dans ses promenades. A tel point que sa relation avec Nicole Garcia ne survivra pas à cette période-là. Il me dit: "Nicole Garcia prend du steak haché dans son assiette "et part nourrir les chevaux. "Une femme qui donne de la viande aux chevaux, j'ai rompu.
" Jean n'aime pas les conflits. Il n'y avait pas de place pour une compagne qui ne partage pas cette passion. après le début de leur histoire, Nicole Garcia et Jean Rochefort se séparent. Désormais seul, le comédien ne se consacre qu'à son élevage. Il assistait aux naissances. C'était pas un éleveur de pacotille. Il était avec les juments au moment du poulinage, avec le vétérinaire si besoin. Mais sa fierté d'éleveur, son crack, c'est ce petit étalon auquel il tient beaucoup. Nashville, c'était son enfant, il l'avait fait naître. Le cheval a eu des résultats en compétition. Et ensuite, ce cheval a été reproducteur. Jean s'est retrouvé grand-père. Nashville était son préféré. Quand on allait chez lui, il nous montrait Nashville. Il fallait lui dire bonjour. Il avait un regard particulier, limite arrogant. Un cheval avec lequel il allait falloir composer. Il ressemblait un peu à Jean Rochefort. Il avait un peu cet air digne. Il avait beaucoup de Jean. Jean avait influencé son caractère. Il mise beaucoup d'espoir sur ce cheval qu'il suit partout, Je vais avoir très peur dans le triple. Doucement. C'est trop vite. C'est un peu vite. Ça va. Oh ! Il a été un peu déçu que le cheval ne devienne pas une star. Ah, mon Dieu ! Doucement, doucement ! 4 points, c'est formidable. Comme tout papa, il aurait souhaité que son fils soit le meilleur. Ça a été tout de même une belle réussite. Il a du tempérament. C'est un cheval particulier. Jean Rochefort s'est fait un nom dans le milieu fermé de l'élevage. Au point parfois de faire oublier le comédien. Un jour, un bon éleveur normand dit: "Je t'ai vu hier, à la télé.
"Je ne savais pas que tu faisais aussi du cinéma", convaincu que Rochefort n'était qu'éleveur. Jean dit que c'est la plus belle chose qui lui soit arrivée qu'on le connaisse comme cavalier et non comme comédien. Une chaussure vernie à gauche et une botte d'éleveur à droite. C'était pas qu'un paysan. Un style de vie certes, mais avec des investissements importants. Il y a toujours des imprévus, des notes de vétérinaire, le tracteur qu'il faut réparer, le camion à changer.
Il tournait des choses qui n'étaient pas forcément des choix artistiques, mais il y avait le contrôleur fiscal à régler, disait-il. Ses cachets lui servaient à investir, à élever ses chevaux du mieux que possible, à confier ses chevaux de compétition à de bons cavaliers. Tout ça coûte cher. Alors éleveur, cavalier ou acteur, certains journalistes s'interrogent sur les choix à faire. L'homme de cheval prend le pas sur l'acteur? C'est une question que je me suis beaucoup posée.
J'ai une grande passion pour les chevaux et pour mon métier, mais j'ai réalisé, puisque je vais tourner dans un mois, que j'ai besoin des deux. Il a donc besoin des deux. Ses deux passions, les chevaux et ce cinéma qui lui fait endosser tous ces personnages. Un équilibre fragile car depuis le début des années 80, Jean Rochefort n'a pas tourné de film marquant.