Nous répondons que la rédaction de Mediapart est solidaire avec la rédaction de Charlie Hebdo, qui reçoit encore des menaces de mort.

Dans C l'hebdo sur France 5 - le samedi 11 novembre
Des accusations contre Mediapart à propos de Tariq Ramadan. On en parle avec la journaliste Jade Lindgaard. Bonjour. Bienvenue. Vous étés journaliste à Médiapart ét coprésidente dé la société des journalistes de Mediapart. On va reprendre le fil des événements. Une semaine après les 1res accusations contre Tariq Ramadan, l'ancien Premier ministre, Manuel Valls ouvre le feu contre Mediapart. Manuel Valls: Je dénonce la duplicité de Tariq Ramadan.
C'est un soi-disant intellectuel, promoteur de la charia, prédicateur islamique, qui a fait un mal terrible dans notre jeunesse avec ses cassettes, ses prêches dans les mosquées, ses invitations sur tous les plateaux, ses amitiés, ses complicités. Je pense à Edwy Plenel. A un moment, ça suffit. Ali Baddou: Le mot de "complicité" est très fort.
Edwy Plenel avait eu l'occasion de lui répondre Edwy Plenel: Ce qui se passe sur les réseaux sociaux dans la bouche de certains responsables politiques, je n'ai croisé que 2 fois Tariq Ramadan. Nous avons une divergence politique, avec M. Je suis un violeur? Je suis complice d'un violeur? Les actes intimes de Tariq Ramadan ont-ils à voir avec ses idées? Ali Baddou: Ily a eu la une de Charlie Hebdo. Que répondez-vous à ces accusations graves? Jade Lindgaard: Oui, c'est grave.
Nous répondons que la rédaction de Mediapart est solidaire avec la rédaction de Charlie Hebdo, qui reçoit encore des menaces de mort. On défendra toujours leur liberté d'expression et de caricature. C'est fondamental. collectivement par cette une de Charlie Hebdo. Pas simplement parce que le visage d'Edwy Plenel est caricature. C'est la liberté de caricature de Charlie Hebdo. Rien à dire là-dessus. C'est le titre, qui nous a choqués.
C'est l'insinuation que nous aurions occulté les accusations extrêmement graves qui sont prononcées à l'encontre de Tariq Ramadan. Pour nous, c'est ce que dit cette une. La petite musique de ManuelValls tend à faire croire que nous aurions voulu protéger Tariq Ramadan. Tout est faux dans ce raisonnement. En plus, c'est infamant.
Reprocher à des journalistes, dont le travail et l'engagement profond sont d'essayer de révéler le plus possible des choses cachées, les questions d'oppression, les crimes sexuels... Nous reprocher ça nous paraît injuste.
Ce qui nous inquiète, ce serait qu'il se passe la chose suivante: que ce moment de libération de parole des femmes et des hommes, de femmes victimes de violences sexuelles, moment très important, de révolution féministe, si ce moment devient un moment réduit à l'affaire Tariq Ramadan et encore plus à l'affaire Mediapart, c'est ridicule, mais c'est grave d'un point de vue démocratique. Ali Baddou: Vous en faites une lecture politique. Jade Lindgaard: Oui. C'est pourquoi on a publié un billet.
Dans un moment d'islamophobie fort dans cette société, que voit-on? Comme par hasard, cet intellectuel controversé, Tariq Ramadan, qui charrie depuis des années autour de lui une aura construite comme étant quelque chose d'un peu maléfique. On n'a cessé de lui reprocher des discours et des fourberies, et comme par hasard, c'est sur lui que toutes les critiques retombent. Jean-Michel Aphatie: Si on peut séparer les choses...
Jade Lindgaard: Les accusations contre Tariq Ramadan sont graves, mais le fait que se concentre sur lui toute l'excitation médiatique... Jean-Michel Aphatie: Un peu d'éléments différents. Tariq Ramadan est accusé de viol. Avant ces accusations, il y a eu, dans la presse, des accusations de complicité avec ce qui est qualifié d'islamogauchisme. Ali Baddou: Un mot qu'on a du mal à définir.
Jean-Michel Aphatie: Il y a eu 3 titres différents dans leur démarche rédactionnelle, mais ils ont dit la même chose: il y a dans la société française des gens complaisants avec la dérive de l'islam, qu'est l'islamisme ou le facho-islamisme. Natacha Polony, vous dénoncez avec l'islamogauchisme. Edwy Plenel était cité. Natacha Polony: J'emploie rarement le terme d'islamogauchisme.
Pourtant, ily a des gens, et on l'a vu après l'attentat de Charlie Hebdo, qui ont essayé de minimiser, qui ont expliqué que c'était dramatique cet attentat, qu'il fallait le condamner, mais que Charlie Hebdo avait un peu jeté de l'huile sur le feu. E.Lévy: Un éditorial de Laurent Joffrin et sur Mediapart. Jade Lindgaard: Il y a cette accusation de complaisance. On nous accuse de complaisance envers l'islamisme. C'est complètement faux. Il suffit de lire Mediapart pour le comprendre.
Concernant Tariq Ramadan, les choses sont simples. C'est une personnalité que nous avons interviewée 2 fois, en 2011 et en 2012. Nous avons enquêté sur lui en 2016. Une enquête très fouillée. Elle est disponible sur notre site. Jean-Michel Aphatie: Le débat sur l'islamisme est intéressant. Est-ce que vous trouvez des excuses aux gens qui peuvent sombrer dans le terrorisme ou le soutenir? Jade Lindgaard: Non. C'est un travail d'explication. On essaye de le faire.
On n'a jamais publié la moindre chose qui excuse des attaques terroristes contre des civils. (a n'a aucun sens. C'est délirant. Ali Baddou: Pourquoi ça se passe ces jours-ci autour de Mediapart? Jade Lindgaard: Nous pensons que ce qui se passe est un double effet politique.