Un soutien inutile pour l'instant, Saad Hariri n'est toujours pas rentré d'Arabie saoudite.

Dans Journal 20h00 sur France 2 - le dimanche 12 novembre
Saad Hariri était encore il y a quelques jours le Premier ministre libanais. Depuis, un parfum de mystère flotte les raisons de son exil en Arabie saoudite. Le président français, lors de sa visite surprise à Riyad cette semaine, s'en est préoccupé. Aujourd'hui, le peuple libanais veut en savoir plus... Dans le centre-ville de Beyrouth ce matin, des partisans de Saad Hariri. Ils dénoncent les circonstances de sa démission il y a une semaine.
Le Liban est un Etat souverain et on ne comprend pas pourquoi le Premier ministre a démissionné depuis l'Arabie saoudite. Ces derniers jours, des dizaines de portraits du Premier ministre démissionnaire ont été placardés dans les rues. Un soutien inutile pour l'instant, Saad Hariri n'est toujours pas rentré d'Arabie saoudite. Ce matin, Beyrouth organisait son marathon annuel, des Libanais convaincus que leur Premier ministre est retenu contre son gré à Riyad. Il a été pris involontairement.
On ne veut pas de ça, nous, les Libanais. Vous verrez, quand il reviendra, on connaîtra enfin la vérité. La vérité, ce député libanais dit la connaître. Pour lui, l'Arabie saoudite sunnite reproche au Premier ministre d'être trop conciliant avec le Hezbollah chiite, donc avec l'Iran. Je crois qu'il y a une volonté saoudienne de monter d'un cran dans la guerre qui l'oppose à l'Iran, et le Liban est un des terrains d'opposition.
C'est surréaliste: le Premier ministre d'un pays souverain est en détention dans un autre pays. De quoi déstabiliser le fragile équilibre communautaire libanais. Les stigmates de la guerre sont certes de moins en moins visibles à Beyrouth mais dans les familles, les traumatismes des affrontements passés ne sont jamais bien loin. Quand tout cela a commencé la semaine dernière, on parlait d'instabilité politique et d'une guerre possible au Liban.
Dans ce cas-là, je quitterai le pays avec les enfants. Une instabilité politique très mauvaise aussi pour l'économie libanaise, et c'est aussi pour cela que le retour de Saad Hariri est ici tant espéré. A Beyrouth, on retrouve Maryse Burgot. Saad Hariri n'a toujours pas remis sa démission au président libanais mais il a adressé ce soir un message depuis Riyad... M. Burgot : Saad Hariri est en train de répondre à une interview diffusée en direct à la télévision.
Une interview réalisée dans des conditions très particulières: la journaliste vedette de la télévision libanaise qui pose des questions n'a par exemple pas été autorisée par les autorités saoudiennes à venir avec sa propre équipe. Ici, tout le monde s'interroge sur la liberté de parole de ce Premier ministre, parle-t-il sous la contrainte? Il vient de dire qu'il était libre de quitter l'Arabie saoudite s'il le souhaitait et qu'il avait démissionné de son propre chef.
Mais ici, une majorité de gens pensent qu'il parle sous la contrainte et ne jouit pas de toute sa liberté. Et les conflits qui se jouent au Proche-Orient impactent historiquement le Liban, qui est au coeur de cette zone, d'où la préoccupation de plusieurs grandes capitales. En direct de l'Elysée, on retrouve Jeff Wittemberg, bonsoir. Le président de la République se dit préoccupé par ce dossier?
J. Wittenberg : En effet, c'est la raison pour laquelle Emmanuel Macron multiplie les contacts depuis plusieurs jours. Vous avez parlé de son étape surprise en Arabie saoudite au retour de son voyage dans les Emirats arabes unis, mais il s'est aussi entretenu avec le président libanais en début de week-end, et aujourd'hui avec le secrétaire général de l'Onu.
A tous, il tient le même discours: il faut que les dirigeants politiques libanais soient libres de leurs mouvements, en clair, que Saad Hariri puisse rentrer à Beyrouth dans les meilleurs délais. Il y a une volonté personnelle d'Emmanuel Macron qui compte se rendre au Liban au cours du premier semestre 2018. Direction Londres maintenant, alors que les jours se suivent et se ressemblent pour la Première ministre britannique. Bonsoir Lo' l'c de la Mornais... Theresa May est-elle en danger?
Le "Sunday Times" évoquait ce matin de nombreux conservateurs prêts à la pousser vers le départ? L. de la Mornais : Oui, selon le journal, quarante-deux députés conservateurs ont signé une lettre pour appeler Theresa May à démissionner. C'est vrai aussi que depuis ces élections ratées en juin dernier, le parcours de Theresa May est un véritable chemin de croix. Depuis cet automne, c'est même un calvaire...
Theresa May est prise en tenaille entre les jusqu'au-boutistes du Brexit sur sa droite, et de l'autre côté une frange plus large qui va de son parti aux autres...