Nous aurions couvert des accusations de crimes, celles portées contre Tariq Ramadan.

Dans C politique, le débat sur France 5 - le dimanche 12 novembre
Le problème, c'est M. Tariq Ramadan. Il bénéficie d'une certaine complaisance. Cette façon de dire qu'il y a une complicité, qu'est-ce que c'est? Je ne vous parle pas de Tariq Ramadan. Je suis contre diaboliser nos compatriotes musulmans. Karim Rissouli: Charlie Hebdo et Mediapart se sont répondu par médias interposés. On va essayer d'avancer avec Fabrice Arfi et Fabrice Nicolino. Fabrice Arfi, vous êtes chef des enquêtes de Mediapart. Vous êtes le bras droit d'Edwy Plenel.
Fabrice Nicolino, vous êtes journaliste pour Charlie Hebdo. Vous souhaitiez débattre. Un mot sur Fabrice Nicolino. Vous étiez présent le 7 janvier 2015 dans la rédaction de Charlie Hebdo. Vous avez été gravement blessé par l'un des frères Kouachi. Ily a un débat enflammé qui oppose vos 2 journaux. On va également s'intéresser à ces 2 gauches intellectuelles qui semblent irréconciliables sur la laïcité.
Comment en est-on Cyprien Girerd: Au coeur du conflit entre vos 2 rédactions, ily a cette une de Charlie Hebdo où l'on voit le patron de Mediapart représenté avec ses moustaches qui lui permettent de fermer la bouche, fermer les oreilles et de mettre les mains devant les yeux avec ce titre: Réaction de Mediapart dans un communiqué avec un entretien.
Ce débat arrive après 2 semaines de polémique de Charlie Hebdo qui caricaturait Tariq Ramadan avec le sexe en érection et ce titre: "Je suis le 69 pilier de l'Islam." Vous ressemblez à 2 gosses Karim Rissouli: A l'origine de cette controverse, la une de Charlie Hebdo de cette semaine. Un dessin de coco. Expliquez-nous ce sens? Fabrice Nicolino: Je la défends. Je n'étais pas là. Je l'ai découverte. C'est une une. J'ai émis une réserve auprès de la rédaction de Charlie Hebdo sur cette une.
Je me suis dit qu'elle ne serait pas comprise par tous. Pour le reste, ça nous a tous fait rire. (a m'a également fait rire. (a continue à me faire rire. Karim Rissouli: Et sur le fond? Fabrice Nicolino: Pour moi, c'est une construction a posteriori. Il s'agit d'un dessin d'humour que l'on peut trouver désagréable. C'est un dessin que la rédaction et moi-même assumons. Il n'y a pas de discours derrière. Ça n'a pas été assorti d'un édito disant que Plenel le savait. C'est une moquerie.
On peut ne pas apprécier, mais je vous assure que de notre point de vue, c'est de l'humour. Karim Rissouli: C'est de la satire et de l'humour. (a ne raconte rien de ce que pense Charlie Hebdo de Mediapart? Fabrice Nicolino: On ne parle jamais de cela. Je n'ai pas souvenir d'une discussion en réunion où on aurait évoqué le cas Mediapart. Evidemment que le dessin veut dire quelque chosEdwy Plenel est un homme qui s'est auto-institué avec l'aide de ses camarades.
Il représente le droit, la justice, la liberté et la République. Il y a eu cet épisode sinistre de Ramadan. Il se moque de quelqu'un qui incarne tout cela. Il annonce qu'il ne savait pas. Karim Rissouli: Fabrice Arfi, vous avez très mal pris cette une. Vous l'avez qualifiée d'abject. Dites-nous ce que vous lui reprochez. Fabrice Arfi: Je viens ici comme responsable des enquêtes de Mediapart. Je vais essayer de réhabiliter ce qui a disparu au gré de cette polémique: les faits.
Liberté absolue à Charlie Hebdo de faire ce dessin. Et liberté pour nous d'en discuter avec vous. Je ne viens pas ici ferrailler contre Charlie Hebdo. Ce n'est pas mon propos. Je veux rappeler les faits pour les gens qui ne nous connaissent pas à Mediapart, carje ne voudrais pas qu'ils soient mésinformés. Karim Rissouli: Quels sont les faits? Fabrice Arfi: Ily a 2 types d'accusation. Tariq Ramadan a supposément une complicité avec Plenel.
Nous aurions couvert des accusations de crimes, celles portées contre Tariq Ramadan. Sur le 1er point, la complicité intellectuelle, quels sont les faits? Edwy Plenel a fait un édito sur les musulmans. Certains esprits détraqués ont cru lire: "Pour le jihadisme." "Pour le terrorisme." Il a fait un livre qui s'appelle "Pour les musulmans". Il a été invité par 2 associations musulmanes à un débat où était présent Tariq Ramadan. On a discuté de cela à l'époque, pour savoir s'il devait y aller.
Il a pris la décision d'y aller. Il voulait dire ses accords et ses désaccords. C'est tout. Dois-je rappeler sur France5 combien de fois Tariq Ramadan a été invité lors de l'émission de Franz Olivier-Giesbert? Il le présentait comme un grand philosophe international. Dois-je rappeler que M. Ramadan a été un consultant de Tony Blair? M. Ramadan est professeur à Oxford. M. Ramadan a fait 2 livres avec Edgar Morin. Ces personnes sont-elles complices de Tariq Ramadan? Non.
Nous avons enquêté sur cette personne. Je vais le démontrer. J'ai appris la réaction de Tariq Ramadan. "Tant de fautes factuelles". Nous l'avons présenté comme un dogmatique ultraconservateur et un agent du Qatar. Comme un Zemmour à l'envers. Fabrice Nicolino: Quel est le rapport avec ce dont on parle? Je fais beaucoup de grimaces car c'est extravagant. Un débat a été lancé par votre ami et patron Edwy Plenel. Tout est venu de là. Je ne me sens pas concerné par ce que vous dénoncez.
Le dessin ne parle pas de ça. Il reprend une phrase d'Edwy Plenel qui disait: "Je ne savais pas". C'est un homme qui est devenu une sorte d'intouchable. C'est très simple. Edwy Plenel a mal à son nombril.