Il ne veut pas d'alliance avec le Front national, il veut le siphoner, sur le modèle de Nicolas Sarkozy dans la campagne de 2007.

Dans 19/20 : Journal national sur France 3 - le dimanche 11 mars
Bientôt, il ne faudra plus dire Front national mais Rassemblement national... C'est le nom proposé par Marine Le Pen, réélue à l'unanimité à la tête du parti frontiste. Ce choix doit être encore validé par les militants... Le suspense aura duré tout le week-end. Exit le Front national de Jean-Marie Le Pen. Je vous proposerais donc que le Front national devienne le Rassemblement national.
Une proposition qui devrait être validée par un vote des militants, un nouveau nom qui s'ajoute à un nouveau cap, celui d'un parti désormais ouvert aux alliances. Aujourd'hui cet objectif est à notre portée, pour peu que l'on s'en donne les moyens. Tout se conquiert, tout se mérite. sacrifié, rien n'est obtenu. Pour les militants, cette refondation est bien accueillie.
C'est quelque chose qui s'inscrit malgré tout dans la continuité, même si j'étais très attaché au nom de FN. Les choses évoluent. J'ai voté contre le changement de nom, mais rassemblement, c'est vrai, c'est important. J'aime bien le Front national, on change le nom mais pas le contenu. Et en marge du congrès, une vidéo fait beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux. Un assistant parlementaire de Marine Le Pen est accusé d'avoir proféré des insultes racistes. Il a été suspendu aujourd'hui...
Sur cette vidéo amateur postée hier soir sur Twitter, deux hommes tentent de calmer Davy Rodriguez, le No 2 du Front Nationaljeunesse et assistant parlementaire de Sébastien Chenu. Et selon le vigile, les insultes racistes vont continuer... A Lille aujourd'hui, dans les couloirs du congrès, les têtes d'affiche du FN condamnent les propos et confirment que Davy Rodriguez a aussitôt été suspendu. S'il a tenu ces propos, il sera sanctionné, il est d'ailleurs suspendu à titre conservatoire.
Il y a des instances disciplinaires qui le sanctionneront si ce qu'il a dit était réel. Je ne peux rien vous dire de plus, si ce n'est que nous, quand nous avons des brebis galeuses, nous les chassons et ce n'est pas toujours le cas de nos adversaires politiques. Davy Rodriguez, absent au congrès, nie formellement sur son compte Twitter avoir tenu ces propos racistes.
Un dérapage qui tombe mal, le jour-même où les cadres du parti sont réunis pour refonder le FN et tenter de lui donner une image plus respectable. Après le congrès du FN, cette réaction de Jean-Luc Mélenchon: invité de Dimanche en politique, le leader de La France Insoumise réaffirme qu'il considère Marine Le Pen comme une adversaire redoutable... Elle est passée de la dédiabolisation à la banalisation.
Ellle rêve d'être un parti comme les autres, comme en Italie, la Ligue du Nord et d'autres organisations d'extrême droite, qui font à la fin des gouvernements communs avec la droite. Dorénavant, quand on vote pour Le Pen, on finit par avoir un petit ticket d'entrée chez Wauquiez. "Rassemblement national" à la place de "Front national"... Pourquoi, Danielle Sportiello? D. Sportiello : "Rassemblement", ça ne vous rappelle rien?
Le Rassemblement pour la République, le RPR, de Jacques En choisissant de mettre le mot "rassemblement" dans le nouveau nom de son parti, Marine Le Pen jette une passerelle vers l'électorat des Républicains. Elle a besoin d'élargir son assise, de nouer des alliances pour briser 45 ans d'isolement de son parti. Et pour cela, elle mise sur le changement de nom et l'éviction de Jean-Marie Le Pen de la présidence d'honneur.
Catherine Matausch : A ce jour, le FN est seul, il a besoin de trouver des alliés? D. Sportiello : Elle en a eu un, Nicolas Dupont-Aignan, mais ça n'a pas duré et chez les Républicains, Laurent Wauquiez lui adresse une fin de non recevoir... Il ne veut pas d'alliance avec le Front national, il veut le siphoner, sur le modèle de Nicolas Sarkozy dans la campagne de 2007. Catherine Matausch : Mais le FN n'est pas le seul dans cette situation...
D. Sportiello : Il y a la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, qui a beau affirmer qu'il n'est pas opposé à une union des gauches. Un rapprochement avec Benoît Hamon, par exemple. Cela doit toujours être sur ses idées à lui et son positionnement. De toute façon, il n'a qu'une idée en tête: faire main basse sur la gauche et plumer la volaille socialiste... L'exemple italien après les récentes élections montre bien que trouver des alliés et d'accéder au pouvoir.
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