Généralement, quand ily a des dirigeants nord-coréens, on annonce qu'ils sont allés à l'étranger à leur retour.

Dans C dans l'air sur France 5 - le mardi 12 juin
Caroline Roux: Il est amateur sur la partie diplomatique? F.Clemenceau: Pas professionnel. Jean-Dominique Merchet: Il a été élu pour faire ça. Il se heurte en permanence à l'appareil d'Etat, l'Etat profond, les structures militaires, diplomatiques, de renseignement et médiatiques de son pays. Sauf qu'il a été élu pour ça. Caroline Roux: "America First", ce n'est pas la poignée de main avec Kim Jong-un? Il ne l'avait pas proposé? Jean-Dominique Merchet: Il a dit qu'il allait régler les problèmes.
On va le voir très rapidement en juillet avec le sommet de l'OTAN en Europe. La question va se reposer dans des termes assez proches. J.Morillot: Quand on parlait des économies que feraient les Etats-Unis si on arrêtait des exercices militaires, Trump, lors de sa conférence de presse, a expliqué que leurs garçons seraient de retour. Pour les élections de mi-mandat, le paysan au fin fond de l'Arizona, qui se fiche de la Corée du Nord... Savoir que les "boys" vont rentrer au pays, c'est bien.
Un des paragraphes ajoutés à la déclaration porte sur le retour des prisonniers de guerre ou de leurs restes. Ça arrive au bon moment. Les élections de mi-mandat pour Trump sont à l'automne. Si, en plus, Kim, qui a été invité à la Maison-Blanche rendait visite en septembre à Trump, ce serait un bon timing pour lui. Caroline Roux: Ce serait la prochaine étape. F.Clemenceau: Cette question est très intéressante. C'est la fête nationale russe. Ils sont inquiets.
Ils voient bien à quel point la Chine pourrait profiter de cette sorte de retrait ou de fragilité des Etats-Unis. Avec la Chine, ils ont cette relation ambiguë de rapport de force. Ils s'aperçoivent qu'avec l'Europe, ça reste une relation difficile. Ils ont cette crainte de voir les Chinois continuer à étendre leur influence sur un certain nombre de voisins dans des régions stratégiques. Ils sont frontaliers de la Corée La Russie est voisine physiquement de la Corée du Nord.
Caroline Roux: Question. J.Morillot: In fine, sans doute. Si vous avez une levée des sanctions, in fine. Ce sera surtout si la paix est signée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud et qu'il y a de nouveaux échanges, un allégement des sanctions. Ça va changer la vie du peuple nord-coréen. Envisageons qu'il y ait de nouvelles relations avec la Corée du Sud.
Si la ligne de chemin de fer de Séoul, traversant la DMZ jusqu'à Pyongyang, puis en Chine, pouvait être construite, ça désenclaverait la Corée du Sud, qui ne serait plus une île. A.Bondaz: Les Nord-Coréens ont été les grands oubliés, ces derniers mois. On ne s'est pas concentré sur le niveau de vie et le sort réservé aux Nord-Coréens. Leur sort va-t-il changer à court terme? Je ne pense pas. Pour une levée des sanctions, il faudrait une avancée concrète sur le chemin de la dénucléarisation.
Il faut être très prudent. J.Morillot: Elle l'a annoncé. Elle a annoncé cette visite. Ils ont parlé du voyage alors que Kim était à Singapour. Généralement, quand ily a des dirigeants nord-coréens, on annonce qu'ils sont allés à l'étranger à leur retour. Caroline Roux: Quelles images ont-ils J.Morillot: Ils ont dû voir la poignée de main officielle et probablement la signature de la déclaration. A.Bondaz: Pour les livres d'histoire, c'est un événement historique.
Jean-Dominique Merchet: Ce n'est pas une farce, mais oui. Caroline Roux: Question. F.Clemenceau: Il a une façon de se conduire qui laisse penser cela.