Mick Jagger était à nos côtés pendant les manifestations contre la guerre du Vietnam.

Dans The Beatles / The Rolling Stones, It's not only Rock'n' Roll sur France 5 - le dimanche 8 juillet
Mick Jagger était à nos côtés pendant les manifestations contre la guerre du Vietnam. Les gamins envoyés au Vietnam pour se battre écoutaient les Stones pour s'extraire de cette horrible guerre. Mais aussi parce que la violence de leur musique reflétait la dureté du conflit. John Lennon m'a dit plus tard : "Avec les autres, "on aurait voulu se joindre aux manifestations.
"Mais Brian Epstein, notre manager nous a dit: "'Si vous participez à ces manifestations anti-américaines, "'vous serez interdits de territoire aux Etats-Unis, "'et on perdra beaucoup d'argent. "' "J'ai toujours regretté que nous l'ayons écouté. " Il a ajouté : "A l'époque, nous n'étions pas si politisés.
" les Beatles semblent avoir perdu le duel qui les oppose aux Rolling Stones. Ce duel, le public y croit dur comme fer. Forcément. Mais qu'en est-ilvraiment ? Le public est persuadé qu'ily a une grande rivalité entre eux parce que le public croit ce qu'il lit. Les journalistes faisaient courir l'idée qu'ils étaient ennemis. Il n'y avait pas de rivalité. Les deux groupes se fréquentaient, ils assistaient aux enregistrements les uns des autres. La rivalité, largement instrumentalisée, sinon fabriquée par leurs managers, n'est qu'une façade. C'est une toute autre histoire qui s'estjouée. Les musiciens des deux groupes et ce, depuis le début. Leur rencontre a eu lieu en avril 1963. A peine installés dans la capitale britannique, les Beatles assistent à l'un des 1ers concerts des Rolling Stones dans la banlieue de Londres. A l'époque, les Rolling Stones sont encore des inconnus. George, John et moi, nous sommes allés à Richmond. Quand nous avons vu ce groupe, nous nous sommes dit: "Ils sont vraiment pas mal.
" Bluffés par l'énergie du concert, les Beatles vont féliciter les Stones en backstage. Le courant passe si bien qu'ils finissent la soirée ensemble. C'est la naissance d'une amitié. Pour le public et les médias, elle demeure en coulisses. Bien sûr, ils étaient bons amis. C'était le "Swinging London", la scène musicale pop existait vraiment, comme une confrérie qui fréquentait les mêmes night-clubs. Au sein de ce réseau social, ils se rencontraient, se parlaient, discutaient de leurs projets, échangeaient des idées. Ils auraient sûrement voulu travailler plus ensemble. Je ne sais plus si c'est Harrison ou McCartney qui a dit au grand directeur artistique de chez Decca, Dick Rowe : "Ily a un groupe à Londres, les "Rolling Stones".
Signez avec eux.
" Et Dick Crowe, étant quand même un peu honteux et mortifié d'avoir raté les Beatles, n'a pas raté les Rolling Stones. Quand les Stones se retrouvent en panne d'inspiration, Lennon et McCartney qui griffonnent "I wanna be your man" leur fournissent leur 1er succès dans les charts britanniques. Andrew Oldham leur a mis le grappin dessus alors qu'ils sortaient d'un déjeuner, un peu ivres. Il les a ramenés au studio alors que les Stones essayaient d'écrire sans arriver à rien. Paul et John y ont travaillé. John et Paul se sont absentés pendant une dizaine de minutes, et ils sont revenus avec la partie manquante d"'I wanna be your man", ils l'ont filée aux Stones, qui en ont fait une version plus rock et plus hard que celle des Beatles. La complicité forgée dès 1963 entre Stones et Beatles ne s'estjamais démentie. Lorsque les uns sont en difficulté, les autres n'hésitentjamais à leur tendre une main fraternelle. En 1967, les Stones sont une nouvelle fois au coeur d'un scandale. Arrêtés pour détention de stupéfiants, Mick Jagger et Keith Richards risquent la prison. Les Beatles, moins exposés, protégés par leur image, volent au secours des Stones en les invitant à l'enregistrement dé l'émission dé télévision, "Our world", diffusée en Mondovision. Devant 600 millions de téléspectateurs, les Beatles, sur le devant de la scène, et les Stones, en arrière-plan, se produisent ensemble dans ce qui est la première émission en direct diffusée partout dans le monde. Les Beatles déconnaient autant qu'eux, mais on les laissait en paix, on faisait tout pour que ça ne se sache pas. Alors que les Stones, c'était le contraire. On faisait tout pour monter la moindre affaire en épingle, les mettre en prison. Les Stones échappent à la prison. Leur amitié est définitivement scellée. Elle donne naissance à une collaboration tous azimuts. Lennon et McCartney feront les choeurs sur "We love you" des Stones, Brian Jones sur "Yellow Submarine". Les échanges sont si fructueux que leur musique semble fusionner. "Helter Skelter" ou "Back in the U.S.S.R.", deux titres de l'album blanc des Beatles ne dépareilleraient pas sur un disque des Rolling Stones. Au-delà de l'aspect musical ou d'un attrait partagé pour les drogues, le psychédélisme revendiqué par les deux groupes révèle aussi une quête spirituelle commune. Pendant l'été du Summer of Love, au séminaire du Maharishi Mahesh Yogi, le gourou indien, adepte de la méditation transcendantale, on retrouve naturellement Mick Jagger aux côtés des Beatles. Le destin des deux groupes a toujours été lié. Beatles et Stones étaient ensemble de leur naissance à leur apogée, solidaires dans le scandale et le succès. Ils le resteront pour le meilleur et pour le pire, quand la mort et le deuil les rattrapent dans les dernières années de la décennie. Brian Epstein, que tout le monde appelait "le 5e Beatles", meurt d'une overdose de barbituriques. L'impact de la mort de Brian sur le groupe a été...