Elle pourrait faire les frais de l'affaire Benalla, alors que le ministre de l'Economie veut aller vite.

Dans C dans l'air sur France 5 - le vendredi 3 août
A.de Tarlé: On a un gouvernement affaibli? On le disait un peu arrogant. Il va peut-être chanter une autre chanson à la rentrée? Max Corre: Peut-être. Cette crise Benalla est la 1re crise a avoir fait dérailler le train des réformes. Jusque-là, il y avait des atermoiements, notamment avec le report du plan pauvreté, reporté à la fin de l'été. A.de Tarlé: On a entendu que c'était pour cause de Coupe du monde. Max Corre: C'était pour cause d'arbitrage.
Cette crise a été une faille temporelle dans ce train des réformes d'Emmanuel Macron. On verra comment il rattrapera ce train. C'est peut-être le 1er moment où l'opposition a pu marteler ses éléments de langage. On a vu différentes personnes de l'opposition avec un marteau et une enclume, à marteler Ils n'étaient plus en réaction. Ils apportaient leurs éléments de langage sur l'importance des contre-pouvoirs. A.de Tarlé: Qu'est-ce qui a changé pour l'opposition?
Jérôme Fourquet: Ils sont parvenus à se faire entendre, à mettre le gouvernement en difficulté et, pour certains d'entre eux, à être plus visibles, notamment le PS. Ce n'est pas parce qu'ily a eu 2 motions de censure et ce n'est pas parce que la gauche s'est rassemblée que les oppositions vont faire front commun à la rentrée. Sur certains grands chantiers de réforme, comme les retraites ou le vote du budget, on aura des oppositions qui vont s'opposer pour des raisons opposées.
Certains vont trouver qu'on ne va pas assez loin dans la réduction des déficits. D'autres diront qu'on est déjà dans une casse sociale inacceptable. Ce moment Benalla a été du pain bénit pour les oppositions. Jupiter est descendu de son piédestal. Ça avait déjà commencé avant, au moment du discours au congrès, où il avait tendu la main aux partenaires sociaux.
"On va bâtir ensemble le modèle social du XXIe siècle. Je veux que nous allions vers une démocratie plus contractuelle." On avait compris qu'Emmanuel Macron avait intégré le fait que face aux énormes réformes qui se profilaient, il ne pourrait sans doute plus faire cavalier seul, comme lors de la 1re année de son quinquennat. A.de Tarlé: Le nouveau leader de F0 dit que l'Elysée, c'est "je pense, donc tu suis." Là aussi, il sera plus à l'écoute, moins dans le "je sais tout"?
Philippe Dessertine: On risque de changer de rythme. L'événement le plus important, au-delà de la question politique de l'affaire Benalla, c'est l'agenda législatif bouleversé. C'est le vrai problème techniquement. Du fait de cette affaire, on a ajourné la réforme constitutionnelle et on a mis le bazar dans l'agenda législatif de la rentrée, probablement de toute l'année qui vient. A.de Tarlé: Ily a un embouteillage?
Philippe Dessertine: Ily avait déjà des amendements en pagaille sur chaque texte. C'est vraiment un embouteillage. Quelles sont les priorités? Que va-t-on être obligé de rejeter? B.Le Maire est intervenu sur la loi Pacte et a dit qu'on la repousserait. On ne sait pas quand elle sera votée. A.de Tarlé: Elle doit libérer les entreprises. Elle est dans l'embouteillage. Philippe Dessertine: Comme le plan sur la pauvreté.
A.de Tarlé: Le dernier Conseil des ministres s'est tenu ce matin, au terme d'une semaine très agitée avec 2 motions de censure, 3 lois votées et une réforme constitutionnelle reportée. Les membres du gouvernement ont le droit à 2 semaines de vacances. Ils ont intérêt à bien en profiter. La rentrée risque d'être chargée. Avant de partir en congés, rendu des dernières copies pour le gouvernement. Les ministres ont été félicités par Emmanuel Macron, ce matin, à l'Elysée.
Un dernier Conseil des ministres avec distribution des devoirs Le président veut un gouvernement reposé et au travail. B.Griveaux: Concernant les vacances, il nous a dit de prendre de la distance, de nous reposer, mais d'être en veille permanente.