Emmanuel Macron a pris bien soin de bétonner la chose avant de recevoir Theresa May.

Dans C dans l'air sur France 5 - le samedi 4 août
Il lui a expliqué que Jacques Chirac avait fait cela il y a quelques années dans la tenue d'Adam... A l'époque, les paparazzi étaient plus respectueux et ils n'ont pas publié l'image. Elle dort peut-être encore dans le boîtier d'un appareil photo en France! Pour Emmanuel Macron, rien n'est perdu dans la communication. Il a publié sur Facebook un petit morceau de cette vidéo, sur la discussion qu'il a eu hier soir avec Theresa May dans la langue de Shakespeare.
Cette rencontre ne devrait pas changer le cours de choses dans les négociations du Brexit. En plus, Emmanuel Macron ne veut pas vexer Michel Barnier, celui qui doit négocier auprès de la Commission au nom de la France les conditions du Brexit. qu'il était au travail. Et il a préféré communiquer sur cette petite anecdote. Il a aussi fait passer des messages pour dire que la discussion avait été fructueuse mais on n'a pas eu de détails sur la discussion.
J. Alimi : En tout cas, après la tempête Benalla, l'image d'Emmanuel Macron n'en sort pas grandie. Il était reconnu ily a encore quelques mois par la presse et les opinions publiques étrangères comme étant un des leaders les plus Et surtout, un des seuls à pouvoir redoper l'Europe... Et là, avec l'image écornée par l'affaire Benalla, ilveut, par le symbole de cette résidence d'Etat, montrer qu'il essaie de reprendre la main, même officieusement.
Yves Thréard : Il fait de la politique mais ily a aussi le Cette histoire de Brexit qui paraît obscure, elle est très grave. On ne sait absolument pas où va l'Europe, cela peut même rallumer une guerre sanglante entre l'Irlande du Nord et Londres. Ily a un problème de frontières en Irlande, et c'est un sujet très compliqué. Axel de Tarlé : D'ailleurs, une majorité de britanniques veut revoter!
Yves Thréard : Outre le fait que Macron peut s'en servir sur le plan de l'image, ily a vraiment un danger imminent dans l'Europe. Axel de Tarlé : Theresa May est donc repartie, il reste 13 jours à Ils ne vont pas faire des merguez? ! Qu'est-ce qui est prévu? J. Alimi : Des sorties, des bains de foule... Même si on ne sait pas quand. T. Denis : En fait, les premières images d'hier sont assez intéressantes.
Depuis l'affaire Benalla, toutes les sorties publiques d'Emmanuel Macron sont regardées à la loupe. Il a même dû annuler un déplacement sur le Tour de France. Hier, à son arrivée là-bas, ily avait du monde qui applaudissait. L'Elysée avait dit qu'il n'y aurait pas de sortie prévue, a priori... Il sera intéressant de voir s'il va aller chercher un bain de foule. Jacques Chirac allait à la messe tous les dimanches et cela donnait lieu à des images favorables pour lui.
Emmanuel Macron, au regard des premiers contacts avec les populations hier, peut se dire qu'à Paris, on est encore sur Benalla, qu'on dramatise les événements, mais s'il fait une sortie sur un marché ou que sais-je... Yves Thréard : On disait que Georges Pompidou aimait beaucoup Brégançon et on associe beaucoup Emmanuel Macron à Pompidou, en termes de goûts culturels. C'est vrai que Georges Pompidou adorait la Côte d'Azur pour des raisons culturelles.
Il est à l'origine d'une fondation, il était avec Nicolas de Staël, un peintre qu'il admirait, et il a fait beaucoup pour sa carrière posthume. Et Madame Pompidou était elle aussi très attachée à des symboliques culturelles dans ses déplacements. Par goût, surtout... Je pense qu'Emmanuel Macron est dans cette filiation-là. Je suis sûr que cette sortie aura un caractère vraisemblablement cu ltu rel. C'est aussi une façon de redorer son blason.
T. Denis : Honnêtement, si ça se limite à une fondation privée... Axel de Tarlé : Ce sont des vacances de com, quand même! F. Says : La communication sera surtout très verrouillée. Pour l'instant, il n'y a pas d'images de courroux des Français envers Emmanuel Macron dans l'affaire Benalla. Quand on fera le bilan des cinq ans, dans les médias, ily aura cette image qui sera là ou pas. Si jamais ily a un quidam qui le prend à partie, c'est une image qui va rester.
Axel de Tarlé : Donc, pendant 15 jours, tout est de la com? Avant, les présidents pouvaient disparaître trois semaines, de vraies vacances pour décompresser! Yves Thréard : Le temps politique a changé. Axel de Tarlé : Ce n'est pas forcément une fatalité. Le correspondant du "Monde" à Berlin a tweeté sur Angela Merkel aperçue en train de faire ses courses... On n'imagine pas ça en France sur Emmanuel Macron! Yves Thréard : Le président Giscard d'Estaing faisait du ski parce qu'il adorait cela.
Vous imaginez, aujourd'hui, avec les chaînes d'information en continu? On aurait sa journée entière de ski sur les chaînes! J. Alimi : Ily a un point commun avec Angela Merkel au supermarché et Emmanuel Macron au Fort de Brégançon, c'est qu'on le sait. C'est ça qui compte. Maintenant, si vous voulez faire la différence entre le chariot d'Angela Merkel et les images "en situation" d'Emmanuel Macron... Le président de la République n'a pas les mêmes pouvoirs en France que la chancelière allemande.
Ici, c'est un président élu au suffrage universel, et en Allemagne, la Chancelière est extrêmement affaiblie. F. Says : Là-bas, c'est beaucoup plus décentralisé. D'ailleurs, les ministres allemands vivent chez eux, il n'y a pas le même décorum qu'en France. Ce qui a changé en revanche, c'est l'explosion du nombre des médias et leur nature. Dans les années 70, ily avait "Le Monde", "Le Figaro", trois chaînes de télé et presque autant de radios...