On retrouvera Jean-Jacques Goldman sur scène quelques mois plus tard pour sa nouvelle tournée.

Dans Goldman : un héros si discret sur W9 - le mercredi 8 août
En 35 ans de carrière, Jean-Jacques Goldman a marqué au fer rouge la scène musicale française. Moi, c'est un mec qui m'épate. Il est brillant. Surprenant, tout le temps. C'est lui, le patron. Avec son talent, son engagement et sa discrétion, il a su conquérir le coeur du public, devenant l'une des personnalités préférées des Français. Il a toujours su rester humble. Nous allons vous révéler les secrets de son ascension. Il s'est passé quelque chose ce soir-là entre le public et Jean-Jacques.
Et pour moi, la conviction qu'on ne devait pas lâcher Jean-Jacques. Vous découvrirez que son parcours n'a pas été sans embûche. C'est un exemple pour beaucoup de jeunes d'artistes, et Dieu sait qu'il s'est fait casser, en 84, 85, quand il fait le Zénith. Il prend des pages dans la presse. Le massacre. "Goldman est nul". "Petit chanteur gentillet". Ça n'intéressait pas grand monde. Il n'avait aucune chance, "Il chante trop aigu"... J'ai tout entendu.
un artiste doté d'un talent d'auteur-compositeur au service de superbes collaborations. Si Edith Piaf a eu... son hymne à elle, je m'aventure en disant que Jean-Jacques Goldman m'a écrit "Pour que tu m'aimes encore". Goldman m'a écrit une des chansons qui me ressemble le mieux. C'est "L'envie". Qu'on me donne l'envie L'envie d'avoir envie Johnny, c'est ça. Johnny, il marche aux envies, à l'instinct, et ça veut tout dire. Un chanteur populaire qui fait partie du patrimoine.
S'ily en a un aujourd'hui qui pourrait remplir un Stade de France 15 jours de suite, c'est bien lui. Discret dans la vie et omniprésent avec ses chansons, il reste bienveillant. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'être de laisser un peu la place et puis... Je vois les jeunes arriver, des nouvelles façons d'écrire, cette espèce d'ironie... perpétuelle, enfin... Je commence à regarder en arrière en me disant que ça se termine doucement. Sans amertume.
Le regard que je jette, c'est un regard de chanceux, j'ai vraiment eu du pot. Revenons sur les moments forts dans la carrière d'un artiste sensible, engagé et talentueux. Un héros discret : Jean-Jacques Goldman. Sister Jane You left me blind and l'm lost Eté 1975. Un jeune groupe de cinq garçons dans le vent interprète pour la première fois sa ballade langoureuse et enivrante.
A la guitare et au chant, avec sa gueule d'ange, ses cheveux longs et sa voix haut perchée, un jeune homme de 24 ans ne tarde pas à attirer l'attention. Son nom Jean-Jacques Goldman. Il l'ignore, mais quelques années plus tard, il deviendra la coqueluche de milliers de fans en France. Une ascension fulgurante pour ce Parisien né en 1951, avec lequel la France ne va pas tarder à faire connaissance. Je suis né à Paris, dans le 19e arrondissement, avenue Gambetta.
Et vers l'âge de six ans, dans ces eaux-là, nous avons déménagé dans la banlieue parisienne. J'étais un enfant (il s'éclaircit la voix) J'allais dire "grisâtre", mais c'est péjoratif. Mais sans histoires. C'est donc à Montrouge que ce petit garçon sans histoires, le 3e d'une fratrie de quatre enfants, fait ses gammes au piano, puis au violon, avant de s'orienter vers la guitare durant ses années de scoutisme.
Pour mes parents, un des défis fondamentaux, c'était d'avoir des enfants très bien intégrés à la société française. Et parmi ses signes d'intégration, le fait de faire de la musique faisait partie de ça. Nous, on était dans un monde un peu à part. J'avais des culottes courtes jusqu'à je sais pas quel âge. Je faisais mon violon, j'étais boy-scout. Les autres, ils allaient au café, tout ça. Je sais pas, je me sentais toujours... J'étais pas comme eux, quoi.
Pourtant, en 1966, à peine âgé de 15 ans, ce gamin décalé se voir proposer d'intégrer le groupe de l'église St-Joseph de Montrouge : The Red Mountain Gospellers. Y avait un orgue électrique, rare à cette époque. Ils avaient besoin d'un clavier. Doncj'ai... "I got the job", comme dit Carole.
Comme on avait du succès, et qu'on faisait le plein le prêtre nous a proposé d'enregistrer un petit disque, sous le nom Et c'est grâce à cet homme, le père Dufourmantelle, que Jean-Jacques Goldman sort son 1er 45 tours avec son groupe. On faisait des gospels dans les églises. C'est bizarre, mais enfin bon, et on faisait beaucoup de monde. Plus que vous, quand même. Hop hop hop... Ce qui fait que...
les pères, qui étaient très sympa, nous avaient financé un disque qu'on vendait à la sortie des églises. Honnêtes, ils l'ont remboursé. Oui, c'est vrai. En 1973, toutjuste diplômé de l'EDHEC de Lille, Jean-Jacques rentre à Montrouge et commence à travailler au magasin de sport familial. Après ses journées de travail, le jeune homme se rend aux répétitions avec son groupe : Ta' l' Phong. C'était un groupe dont... les deux instigateurs étaient d'origine vietnamienne.
"Ta' l' Phong", je crois, ça veut dire "vent", "grand vent", quelque chose comme ça. Ta' l' Phong, c'était un groupe de ce qu'on appelait dans les années 70, la musique progressive. On connaît "Sister Jane", une ballade un peu à part dans le répertoire. La musique progressive, c'était sur le modèle de Pink Floyd : des morceaux lyriques, des solos de guitare, et Ta' l' Phong, si vous regardez les albums, vous avez 4-5 morceaux par album.
Des pièces musicales avec de la guitare, ça correspondait à l'identité rock. On retient de Ta' l' Phong que c'est le 1er groupe de Jean-Jacques Goldman, c'est tout. Y a pas d'album marquant. Si, y a une chanson : "Sisterjane".
Sister Jane You left me blind and l'm lost Don't let the sun go down on me Taillé sur mesure pour les radios, le titre "Sister Jane" permettra au groupe signé chez WEA de faire leurs premières apparitions télé et de connaître un joli succès estival en 75, avec plus de 100 000 exemplaires le 7 juillet 1975, Jean-Jacques épouse sa compagne et devient papa d'une petite fille.