En succédant à François de Rugy, Richard Ferrand devra tout à la fois apaiser les relations avec l'opposition et moderniser l'institution.

Dans le Journal de 20H sur TF1 - le mercredi 12 septembre
Richard Ferrand a été élu cet après-midi à la présidence de l'Assemblée nationale. Ce proche d'Emmanuel Macron a obtenu 254 voix sur 484 possibles. Il succède à François de Rugy, devenu ministre de l'Ecologie. On l'appelle "le perchoir". Un fauteuil hautement convoité. C'est celui du 4e personnage de l'Etat. Il a été élu aujourd'hui par les Vous allez voter pour qui? Je vais réfléchir. Pour moi. Je ne vais pas voter pour M.Ferrand. Pour M.Ferrand.
Richard Ferrand, 56 ans, jusqu'ici chef de file du parti majoritaire, officiellement désigné candidat face à Barbara Pompili notamment. Le choix d'un fidèle du président de la République. On a eu une élection interne. J'ai voté Barbara Pompili, mais c'est lui qui a été élu. Je le vois animer les débats. Il fait preuve d'autorité, de professionnalisme et il a Fexpéfience l'expérience nécessaire. A l'issue du vote, il y a pourtant une surprise.
M.Richard Ferrand a obtenu 254 Avec 254 voix sur 312 députés La République en marche, Richard Ferrand est élu président de l'Assemblée nationale, mais ne fait pas le plein. Certains lui ont préféré un élu du MoDem. J'ai parfaitement conscience que mon élection est plus le fruit d'une réalité politique majoritaire que l'issue d'une compétition de talents. C'est donc pour moi un honneur tout particulier d'avoir reçu la confiance des représentants de la nation.
En succédant à François de Rugy, Richard Ferrand devra tout à la fois apaiser les relations avec l'opposition et moderniser l'institution. Visé par une information judiciaire dans le dossier des Mutuelles de Bretagne, il assure qu'il ne démissionnera pas s'il est mis en examen. Gilles Bouleau : L'élection de Richard Ferrand ne faisait aucun doute, puisque La République en marche dispose d'une écrasante majorité à l'Assemblée. Mais son arrivée au perchoir suscite certaines interrogations.
Il y a un an, Ilya un an, on Il y a un an, on nous faisait des leçons de morale ici, matin, midi et soir. Un an après, on est dans cette vieille politique où on recycle les fidèles du régime à des postes-clés parce que ça tangue un peu partout. On a un vieux routier de la politique, un homme, un serviteur docile, en particulier dans les projets de l'exécutif, pour affaiblir le Parlement, ce qui n'est pas une bonne nouvelle. C'est un homme qui a des affaires derrière lui.
On le sait bien, avec les Mutuelles de Bretagne. Mais il me semble que l'un des messages envoyés de façon claire et répétitive par les Français, c'est qu'ils en ont ras-le-bol de ces affaires-là. Le nommer à la tête de l'Assemblée nationale est un curieux choix, dicté par l'Elysée assurément. Je ne comprends pas comment un homme qui a été viré du gouvernement en raison de soupçons, qui restent à prouver, peut être élu président de l'Assemblée nationale. Il faut être cohérent.
Gilles Bouleau : Au chapitre politico-judiciaire, la volte-face d'Alexandre Benalla. Hier, il refusait de répondre à la convocation de la commission d'enquête du Sénat. Aujourd'hui, l'ancien chargé de mission de l'Elysée se dit "contraint" d'honorer sa convocation pour éviter "les poursuites judiciaires". Interrogé ce matin par nos confrères de France Inter, il s'en est pris vivement aux sénateurs.
"Aujourd'hui, cette commission d'enquête n'a pas lieu d'être, elle est illicite." Une dernière image de politique, celle du déplacement agité de Marine Le Pen à Chateaudouble, dans le Var. L'ancienne finaliste de l'élection présidentielle, qui doit gérer une vague de défections dans son parti, a été chahutée cet M.Le Pen: On installe des migrants dans des proportions pas raisonnables et sans l'accord de personne.