En début d'après-midi, Emmanuel Macron portera ce message chez la veuve de Maurice Audin, elle a aujourd'hui 87 ans.

Dans 12/13 : Journal national sur France 3 - le jeudi 13 septembre
Derrière ce cas symbolique, c'est un travail de vérité sur la guerre Plus tôt ce matin, le chef de l'Etat a dévoilé son plan pour "enrayer les inégalités de destin" et permettre aux gens de sortir de la pauvreté. Alerte rouge en Guadeloupe et Martinique à l'approche de la tempête Isaac... Des fortes pluies s'abattent en ce moment sur ces îles et les vents s'intensifient. Nous serons sur place.
Leur histoire ressemble à un conte, celui de deux jeunes d'une cité de Marseille qui, grâce au succès de leur série sur le Web, jouent désormais dans un film au cinéma: "Les Déguns"... On a vu les épisodes avec ma petite soeur et là, vous voir faire un film aujourd'hui, je suis fière! On voit que le rire n'a pas de frontières. C'est beau ça! Je peux pas dire mieux!
61 ans que Josette Audin, 87 ans, veuve de Maurice Audin, attendait ce jour: Emmanuel Macron va reconnaître d'ici une heure la responsabilité de l'Etat français dans la mort de son époux, universitaire, militant indépendandiste et l'un des symboles des exactions de l'armée française en Algérie... C'était un brillant mathématicien de 25 ans, un jeune marié, père de trois enfants. Maurice Audin était aussi un militant communiste favorable à l'indépendance de l'Algérie.
Le 11 juin 1957, il est arrêté à son domicile algérois devant sa famille et torturé par les militaires français, personne ne le reverra. L'armée dira officiellement qu'il s'est évadé et a disparu. Aujourd'hui, 61 ans plus tard, pour l'un de ses fils d'un, cette reconnaissance de la responsabilité de la France est un moment historique. C'est la responsabilité de l'Etat dans ce crime et dans beaucoup d'autres.
C'est la reconnaissance par l'Etat du fait que les institutions politiques ont donné la possibilité à l'armée de faire ce sale boulot. Peu de temps avant sa mort en 2013, le général Aussaresses, chef des renseignements militaires pendant la guerre d'Algérie, avoue avoir ordonné la mort de Maurice Audin... Aujourd'hui, l'Etat s'apprête donc à reconnaître qu'un système d'arrestation-détention a été institué en Algérie, c'est une étape importante, une forme d'apaisement.
En établissant qu'il y a eu des disparus, quelque part, il permet un accomplissement du deuil, un franchissement de seuil supplémentaire pour sortir des mémoires de la guerre d'Algérie. En début d'après-midi, Emmanuel Macron portera ce message chez la veuve de Maurice Audin, elle a aujourd'hui 87 ans. Et pour la première fois, le Président va également reconnaître officiellement que l'Etat a failli en permettant le recours à la torture lors de la guerre d'Algérie.
De nombreuses associations ainsi que le Parti communiste approuvent tandis que d'autres critiquent ce geste... C'est une décision historique, je pense que c'est une occasion à travers le cas particulier de Maurice Audin d'évoquer tous les disparus, tous les cas qui continuent à peser sur notre conscience collective.
Dans notre esprit, cette vérité sur un moment tragique de notre histoire n'est pas là pour jeter du vinaigre sur les plaies de l'Histoire mais au contraire pour permettre à la République de regarder son histoire en face et d'entrevoir des relations apaisées avec l'Histoire. Plus tôt ce matin, Emmanuel Macron a dévoilé son plan pour lutter contre la pauvreté. Un plan présenté au musée de l'Homme à Paris ce matin.