Il s'attendait à de la diplomatie, à ce que cela se passe derrière des portes fermées, à pouvoir convaincre Donald Trump.

Dans Complément d'enquête sur France 2 - le jeudi 13 septembre
Mais pour Macron, il y avait beaucoup plus d'enjeu. Car entre les deux hommes, il y a bien un sujet qui fâche... Trump menace de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien. Macron espère encore le faire changer d'avis. Mais une fois à la Maison-Blanche, rien ne se passe comme prévu. Devant toute la presse, Trump époussette la veste d'Emmanuel Macron, un geste déconcertant, suivi d'une déclaration improvisée qui douche tous les espoirs du président français.
C'est un showman, il sait très bien utiliser chaque moment. Sur la visite d'Etat à Washington, d'abord il reçoit Emmanuel Macron qu'il apprécie. Mais il dit qu'il ne veut pas du deal avec l'Iran... Il fait cette déclaration surprise dans le Bureau Ovale, et puis de manière assez paternaliste, il dit à Emmanuel Macron, par certains gestes: "tu pensais que tu allais m'imposer quelque chose dont je ne veux pas? Non, regarde, c'est moi ici le boss".
Et Emmanuel Macron est de mon point de vue extrêmement surpris par cette attitude. Il s'attendait à de la diplomatie, à ce que cela se passe derrière des portes fermées, à pouvoir convaincre Donald Trump. Et Trump fait comme d'habitude à sa manière... "Mon petit gars, je vais te surprendre devant les caméras"... Un échec pour Emmanuel Macron mais ce jour-là à la Maison-Blanche, il parvient tout de même à sauver la face.
Il arrive à montrer qu'il ne subit pas la gestuelle de Donald Il le laisse agir, certainement pour ne pas le contrarier, ne pas le mettre mal à l'aise. On pourrait dire qu'il s'en sort très bien. Trump, lui, a réussi son coup de com. La scène des pellicules passe en boucle et régale les humoristes... Macron en ferait-il trop pour plaire à Trump? Les Américains ont un mot pour cela...
Une "bromance" désigne chez nous une amitié entre deux hommes qui n'hésitent pas à se montrer affectueux l'un envers l'autre, à se prendre dans les bras, à se taper dans le dos. Ce que normalement les Américains ne font pas du tout! Pour les fans de Trump, cette amitié virile rend les deux hommes plutôt sympathiques. Je pense qu'ils sont toujours amis. On ne peut pas être d'accord sur tout mais je pense qu'ils sont amis pour la vie.
Trump, vous l'adorez ou vous le détestez, il n'y a pas d'autre Les hommes politiques sont ce qu'ils sont. Lui, c'est un homme d'affaires, c'est toute la différence! C'est pour cela qu'il a tant d'ennemis ici... C'est impossible de le contrôler! Les diplomates français, eux, aimeraient juste pouvoir se faire entendre sur des dossiers sensibles comme les taxes douanières que Trump a imposées à l'Europe. La diplomatie, c'est une affaire de patience.
Peut-être que sur tel ou tel dossier, il commencera à comprendre qu'il faut agir de manière différente. Alors, tous ceux qui ont dit que cela ne servait à rien de lui parler se diront que peut-être, après tout, ce n'était pas si stupide que cela. Le président est quelqu'un qui peut changer du tout au tout. Il a des convictions mais il peut complètement changer pour faire un nouveau deal si c'est dans son intérêt.
La France et les Etats-Unis ont beaucoup de désaccords, mais ça ne veut pas dire que dans un an ou deux, ils ne seront pas à nouveau les meilleurs alliés dans d'autres dossiers. Donald Trump a dû renoncer à sa grande parade militaire à Washington, trop coûteuse. France pour le défilé du 11 Novembre. Jacques Cardoze : Et voilà, on se retrouve au pied de la tour Eiffel. Vous savez maintenant ce que signifie cette "bromance" racontée par Irène Bénéfice...
Bonjour Corentin, vous êtes professeur d'histoire, spécialiste des Etats-Unis. Emmanuel Macron a raison d'agir comme cela avec Donald Trump? C. Sellin : Oui, il a sûrement eu raison... Cela pourra peut-être payer. On peut se demander si cela n'a pas de Trump. Jacques Cardoze : Comment faut-il s'y prendre avec lui? Il faut taper du poing sur la table ou être gentil? C. Sellin : Il faut bien garder en tête qu'il y a toujours le rapport de force avec Donald Trump.
Jacques Cardoze : C'est un des aspects qui sont racontés dans ce reportage, Donald Trump mène un peu la danse pour le moment sur la scène internationale. Mais avec une tactique particulière: il commence par taper du poing sur la table, puis il voit ce que ça donne... Que pensez-vous de cette stratégie? C. Sellin : Ce n'est pas tout à fait la stratégie de Nixon, c'est plutôt une stratégie inspirée par son passé d'homme d'affaires et d'agent immobilier de luxe.
Il se met en position de force, il exige énormément, en tapant du poing sur la table. Cela surprend car ce n'est absolument pas ce qui est enseigné dans les chancelleries et en diplomatie ordinaire. Cela passe par une certaine brutalité aussi, on l'a vu dans le Quand il annonce au débotté que l'accord sur le nucléaire avec l'Iran est "le plus mauvais accord jamais signé", il le fait dans des termes extrêmement violents.