Quand on est demi d'ouverture du XV de France, on est soumis à une forte pression, vous prenez des décisions pour l'équipe aussi...

Dans Stade 2 sur France 2 - le dimanche 4 novembre
Matthieu Lartot : C'est donc un très gros morceaux pour commencer cette tournée d'automne qui attend Camille Lopez et ses partenaires: l'Afrique du Sud. Alors comment les Bleus se préparent-ils du côté de Marcoussis? Notre reportage... Bouge plus, bouge plus... Tu as vu, tu gardes les pieds au même niveau et comme tu es allongé tu n'as plus de résistance. Une véritable force de la nature. 124 kg, 1m85, Demba Bamba, surprise de la liste, passe les étapes sans ralentir.
Champion du monde des moins de 20 ans en juin, titulaire en Pro D2 en août et désormais première ligne du XV de France. j'appréhendais, je voulais voir comment j'allais être intégré. Demba Bamba vient de passer les portes d'un nouveau monde, Marcoussis, le temple du rugby français. Avec sa jeunesse, son envie, son insouciance, il apporte du renouveau à un groupe en cruel manque de confiance. Il fait partie de cette nouvelle génération qui arrive avec un gros appétit.
On va dire que ça nous permet de nous remettre en question, les jeunes poussent fort derrière et nous obligent à être meilleurs. Pour s'améliorer et se rapprocher des meilleures nations, le staff des Bleus joue donc la carte jeunes, mais aussi la carte science. Utilisée depuis 20 ans par l'Angleterre, depuis 10 ans par l'Afrique du Sud, les joueurs du XV découvrent l'optométrie, le travail sur la vision.
On est dans l'optimisation de la performance donc c'est d'essayer de leur faire gagner ce millième de seconde de temps de réaction qui permet de prendre l'intervalle, de passer les bras et de ne pas rater le dernier ballon à la 79e pour marquer l'essai victorieux. Le XV de France n'a pourtant plus vraiment le temps d'expérimenter. Deux petites semaines seulement pour préparer un premier test face Des Bleus en manque de repères qui n'ont gagné que 2 de leurs 14 dernières rencontres.
Ça ne se joue pas forcément à grand-chose donc il manque peut-être le petit truc pour qu'on passe sur que des victoires, pour que le moral soit positif et qu'après ce soit plus facile pour gagner les matches.
On est en période de transition, il y a eu pas mal de changement en équipe de France donc il faut passer au-dessus de ça, se concentrer individuellement sur nos tâches et puis qu'on retrouve une Une forme collective, une ossature que recherche Jacques Brunel et qu'attend le public français. Une victoire offrirait un peu de sérénité et lancerait le XV de France sur le chemin de sa rédemption. Matthieu Lartot : Camille Lopez qui est donc avec nous sur ce plateau!
La semaine a été studieuse du côté de Marcoussis. Alors pour vous personnellement, c'est aussi un retour en bleu qui va vous faire du bien, j'imagine, parce que ça doit vous sembler une éternité, la dernière remontait à mars 2017... Camille Lopez : C'est ça! Forcément, ça fait plaisir de retrouver Marcoussis et le groupe France. On a fait une semaine studieuse, on a un gros test qui nous attend samedi et on va essayer de le préparer au mieux.
Matthieu Lartot : Dans quel état d'esprit vous abordez, vous, ce Camille Lopez : Le but c'est de travailler au mieux pendant ces quinze jours pour livrer une grosse prestation samedi. Il faut qu'on trouve tous des repères. Matthieu Lartot : Même si vous n'avez pas travaillé avec le staff de Jacques Brunel, le sélectionneur du XV de France vous a quand même conforté ces derniers temps en déclarant notamment que vous étiez le meilleur 10 français à l'heure actuelle.
Fabien, vous savez ce que représente ce type de déclaration en termes de responsabilités dans le jeu. C'est important? Fabien Galthié : C'est souvent le problème de l'équipe de France depuis quelques années, on a du mal à fixer une charnière, il y a un turnover trop important à ce niveau-là. Il n'y a que 11 matches internationaux par saison, il faut vite essayer d'installer une charnière.
Camille sort d'une saison compliquée, l'an dernier il s'est blessé grièvement à la cheville, par contre la saison précédente, avec le titre de champion de France, il avait été excellent, il avait fait preuve de maturité... Il a à peine 16 sélections, il pourrait en avoir 55. Il a été blessé, mais il a aussi perdu du temps à cause du turnover.
Je pense que Jacques Brunel est resté sur ce qu'avait donné Camille la saison précédente et c'est vrai qu'aujourd'hui il s'impose, malgré cette saison quasiment blanche l'an dernier, au poste de demi d'ouverture. Doncje pense qu'il va y avoir un chantier ce mois-ci, sur les trois test matches. Je pense qu'on va avoir aussi un autre demi de mêlée qui va venir constituer la charnière avec Camille. Matthieu Lartot : Comment on le vit, ça?
Quand on est demi d'ouverture du XV de France, on est soumis à une forte pression, vous prenez des décisions pour l'équipe aussi... Camille Lopez : Oui, c'est sûr que c'est un poste qui mène à de la pression, mais je l'ai vécu et je l'ai appris il y a 5 ans, quand j'ai eu mes premières sélections. Maintenant, je le prends avec un peu plus de recul et l'important c'est de faire mon travail du mieux possible pour aider l'équipe à se perfectionner samedi.
Il faut trouver des automatismes sur ces quinze jours car c'est très peu de temps et on a une grosse prestation à livrer. Matthieu Lartot : En face, ce sera l'Afrique du Sud. Fabien, vous y avez joué.