Les vétérans ont reçu, la 1re fois, un dédommagement, non pas du gouvernement, mais des firmes qui produisent ce poison.

Dans Le magazine de la santé sur France 5 - le lundi 11 avril
Tran To Nga, bonjour. Vous êtes née en Indochine française et vous publiez chez Stock "Ma terre empoisonnée", où vous faites le récit de votre vie et de vos combats. On rappelle ce qu'est ce poison et quand il a été largué. Tran To Nga : A ce moment-là, on ne savait pas que c'était un poisson. On appelait ça des défoliants.
L'armée américaine, qui participait directement à la guerre, voulait débroussailler pour protéger les bases américaines, mais aussi pour empêcher les combattants du Front national de s'approcher de ces bases. Donc ils ont répandu le défoliant pour détruire toute la végétation. C'est pour cela que toutes les feuilles sont tombées. Il n'y a plus de verdure dans une zone de plus de 15 kilomètres autour de la base.
Michel : C'est un désherbant qui était toxique pour les plantes, mais aussi pour tout ce qui respirait, mammifères et êtres humains? Tran To Nga : Oui. Ça reste un désherbant. Il n'y a pas grand-chose à dire. Mais à ce moment-là, les producteurs et le gouvernement américain savaient que, dans ce désherbant, il y a une dose forte d'adénosine, qui nuit non seulement à la végétation, mais à l'humain aussi. A ce moment-là, on ne le savait pas.
Marina : Vous l'avez reçu aussi car vous avez vécu dans les camps de maquisards. Vous avez été intoxiquée. Tran To Nga zje l'ai reçu en direct une fois. Plusieurs fois, je me suis aussi trempée dans des marécages où le défoliant avait été répandu. Les feuilles mortes tombaient avec la saison des pluies. Ça formait des marécages.
Michel : Que s'est-il passé entre le moment où il y a eu ce désherbant utilisé et le moment où vous vous êtes rendu compte, par des analyses de sang, que vous aviez des choses anormales? Vous avez eu des problèmes de santé? Tran To Nga :J'ai toujours eu des problèmes de santé, mais je pensais que c'était dû à ma vie assez mouvementée, à mes activités, et aussi aux conditions de vie. J'ai vécu dans le maquis, j'ai vécu en prison et après la guerre, on manquait de tout.
Et surtout, j'ai mis au monde ma fille, qui est morte. J'ai culpabilisé. Marina : Elle est morte du fait de la contamination? Tran To Nga : On savait seulement qu'elle était morte d'une malformation cardiaque. Je pensais que c'était moi, la fautive. Pendant plus de 40 ans, j'ai eu des remords. Je me faisais des reproches. Je pensais que j'avais donné la mort à ma fille. Ma 2e fille vit en Australie. Elle a eu aussi des problèmes.
Les médecins australiens disaient qu'elle pourrait avoir une leucémie. Encore une fois, je culpabilisais, je me demandais ce que j'avais fait pour donner toutes ces maladies, tous ces malheurs à mes enfants. Marina : Il y a beaucoup de cas de leucémies au Vietnam Tran To Nga :Jusqu'à présent, on ne peut pas faire de lien entre les pathologies de ces personnes et la dioxine.
On peut noter que tous ceux qui ont fait la guerre ou qui ont vécu dans les régions où il y avait ce poison sont devenus malades. Leurs progénitures présentent des malformations terribles qui se transmettent de génération en génération. Marina : C'est ce que ce que vous voulez prouver aujourd'hui en attaquant des multinationales? Vous voulez défendre tous ces gens?
Tran To Nga : Ce que je voulais montrer, c'est qu'ils reconnaissent le mal qu'ils ont fait, pour les victimes et pour eux, les anciens soldats américains qui ont reçu ce poison. Aujourd'hui, leurs progénitures sont attaquées par ce poison. Vous verrez que ça va se prolonger même aux Etats-Unis, en Corée, dans des pays où ils ont envoyé leurs soldats. Michel : Aux Etats-Unis, les vétérans s'organisent aussi pour demander réparation ou pas?
Tran To Nga : Les vétérans ont reçu, la 1re fois, un dédommagement, non pas du gouvernement, mais des firmes qui produisent ce poison. Maintenant, cet argent n'existe plus. Aux Etats-Unis, il y a aussi beaucoup de manifestations. Le gouvernement semble changer.
Il semble discuter sur la manière à adopter pour dédommager ou reconnaître le mal qui a été fait concernant ces combattants, pas pour nous, les Vietnamiens, pas les Coréens et les Philippins, mais pour les anciens combattants américains présents au Vietnam. Marina : Pour en savoir plus, "Ma terre empoisonnée". Ça vient de paraître chez Stock. Merci. On vous rappelle le thème de "Allô Docteurs". On va parler des pesticides.
On verra s'ils présentent tous les mêmes risques, desquels il s'agit, quelles précautions prendre et comment en utiliser moins. En abandonnant les pesticides l'aménagement des espaces a évolué Aujourd'hui, plus question de parler de mauvaises herbes. On préfère le terme "adventice". Ici, elles trouvent leur place comme cette plante appelée ecotop C'est une plante considérée comme envahissante car elle empêche la germination des autres plantes.
Moi, je la trouve pratique dans la mesure où je la laisse gagner volontairement. Ça empêche l'arrivée des autres adventices et, au printemps, ça fait une floraison sympathique et un paillage végétal naturel. Michel : On parlera des pesticides, herbicides et fongicides tout à l'heure.